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Immigration en Europe : les quotas de la discorde

Revue de presse 12.05.2015

L’Union européenne continue de travailler sur la question migratoire. Demain, la Commission européenne présentera son nouveau "Programme européen en matière de migration". Son contenu, qui est déjà peu ou prou connu des médias, promet de susciter beaucoup de divisions et polémiques.

Jean-Claude Juncker

Selon Le Monde, l’immigration fait partie des priorités de la Commission de Jean-Claude Juncker. Ainsi, elle doit annoncer demain sa "stratégie pour l’immigration". Une annonce d’autant plus importante qu’elle fait suite aux nombreux et très meurtriers naufrages de bateaux de migrants ces dernières semaines.

Le journal détaille les "grandes lignes" qui figureront dans ce programme : "conforter le rôle de l’agence de surveillance des frontières Frontex, amplifier la lutte contre les passeurs, renforcer le système de protection pour les réfugiés, accélérer le retour des illégaux et ouvrir le dossier de la migration économique". Ce dernier volet signifie que les réfugiés dotés de compétences professionnelles recherchées en Europe pourraient voir leur migration légalisée.

Autre grande proposition : l’instauration de quotas de réfugiés imposés à chaque pays membre de l’Union européenne afin d’alléger la pression migratoire subie par les pays méditerranéens comme l’Italie, Malte ou encore la Grèce. En outre, seuls cinq pays de l’UE concentrent le plus de demandes d’asiles, dont la France, l’Allemagne, la Suède et l’Italie. Les réfugiés seraient donc répartis de manière plus équitable entre les 28 Etats européens, explique Le Point.

Or, pour Les Echos, c’est un programme "controversé" et "déjà contesté".

Le Monde
précise en effet qu’ "une douzaine de pays refuse en réalité, à l’heure actuelle, d’accueillir des réfugiés et rejette implicitement le principe de solidarité européenne". Parmi eux, le chef d’Etat hongrois Victor Orban, qui a qualifié l’idée de "folle". Le Point ajoute que le Royaume-Uni ainsi que la Pologne y seraient farouchement opposés.

Concernant la position française sur le sujet, les journaux français n'ont pas la même analyse.

D’un côté, Le Point estime que cette position est "ambigüe", expliquant que le groupe politique de l’UMP au Parlement européen s’oppose au projet. Le Figaro renchérit et se fait écho des élus de droite qui craignent une "explosion des flux migratoires en France".

De l’autre côté, EurActiv titre que le pays "soutient la politique des quotas de réfugiés dans l'UE" et qu’il a "contribué à mettre sur pied le projet".

Par ailleurs, Les Echos rapportent que l’Italie aussi s’inquiéterait des contreparties qu’elle devrait céder à l’UE en échange de ce nouveau système de prise en charge des migrants. Des fonctionnaires internationaux seraient ainsi envoyés pour identifier les réfugiés, chose que le gouvernement italien percevrait comme une "ingérence" et une insulte en réponse à son supposé "laxisme".

En résumé, ce programme risque fortement de ne pas faire l’unanimité au sein de l’UE. Le Point considère que "Jean-Claude Juncker sait qu'il va faire polémique, qu'il n'est pas soutenu par les États membres, mais il persévère".

Jouant la carte de l'humanitaire, le chef de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini a défendu quant à elle hier le projet européen d’une mission militaire navale commune pour lutter contre le trafic des migrants en Méditerranée auprès des Nations Unies. Or pour cela, l’UE a besoin d’"un mandat de l’ONU, afin de pouvoir opérer dans les eaux territoriales libyennes" [Les Echos].

En effet, à l’heure actuelle, les navires européens qui patrouillent en mer ne peuvent que secourir les migrants mais pas s’attaquer  aux bateaux de trafic.

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