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Immigration clandestine : l’UE s’en va-t-en mer

Revue de presse 19.05.2015

Après l’augmentation du budget de l’opération Triton et la proposition de quotas migratoires, l’Union européenne s'attaque désormais aux filières de passeurs.

EU Navfor Med

Le Monde rapporte que Bruxelles a lancé hier une "opération navale contre les réseaux de trafiquants qui opèrent en Méditerranée". Ce sont les 28 ministres des Affaires étrangères de l’UE qui ont approuvé ce programme, précise Le Point.

La mission, intitulée "EU Navfor Med", vise à détruire le modèle économique des passeurs qui s’enrichissent en faisant voyager des migrants dans des conditions calamiteuses, entraînant ainsi souvent la mort de milliers d’entre eux (1800 depuis le début de l’année 2015). 

Selon La Croix, Bruxelles avait initialement prévu de détruire les embarcations à leur point de départ même, c’est-à-dire en Libye. Or, une telle mesure nécessiterait à la fois l’accord des Nations unies et de la Libye, ce qui n’est pas encore le cas pour l’instant.

Le Monde ajoute qu’une action lourde, comportant des moyens à la fois maritimes et aériens, avait été envisagée.

Finalement, le texte prévoit pour l’instant "la détection et surveillance de filières de l'immigration par une collecte d'informations et des patrouilles en haute mer".

Ce n’est que plus tard, "si l’ONU le permet" [Le Point], que l’UE pourra "arraisonner, fouiller et capturer des navires suspectés de servir au trafic, et aussi les forcer à changer de cap" et même "se débarrasser de navires et d'autres actifs des trafiquants, ou les rendre inutilisables". Cela signifie, expliquent Les Echos, que l’UE pourra alors utiliser la force.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini s'est déclarée "confiante" quant à l’obtention rapide d’un mandat des Nations unies, même s’il faut l’accord de la Russie, qui s’est déclarée opposée à la destruction de bateaux civils.

La déception pointe au Figaro qui considère que l’UE "rogne ses ambitions militaires contre les passeurs".

Le quotidien précise qu’une opération militaire plus musclée que celle adoptée hier ne serait pas sans risque : les "factions lourdement armées" pourraient répliquer et s’ensuivrait alors une "escalade" de violence en Méditerranée.

Quoiqu'il en soit, Les Echos soulignent qu’une opération militaire en mer menée par l’Union est un "fait rare", notamment par sa rapidité. Le journal estime que la Commission européenne veut "faire taire les mauvaises langues sur son immobilisme ou son impuissance alors que tous les Etats membres se débattent avec des mouvements populistes qui font leur miel des craintes soulevées par la pression migratoire".

Désormais officiellement approuvée, cette opération ne débutera qu’en juin prochain [Le Monde].

Le Point rapporte les propos tenus par Federica Mogherini lors d’une conférence de presse : "Maintenant, les préparatifs démarrent".

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