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Harlem Désir nouveau secrétaire d'Etat aux Affaires européennes : controverse

Revue de presse 10.04.2014

Hier soir, l'Elysée a fait l'annonce des 14 secrétaires d'Etat. Parmi eux, Harlem Désir, jusqu'ici Premier secrétaire du Parti socialiste, prend en charge les Affaires européennes. Les commentaires sont nombreux et divisés sur cette nomination alors que les élections européennes se rapprochent. La presse revient également sur la place du FN dans les sondages et sur les intentions de vote le 25 mai prochain.

Harlem Désir commission DEVE

"La nomination de Désir provoque un tollé" titre Le Parisien. Les réactions des socialistes sont en effet nombreuses sur le changement de direction du parti que cela entraîne [20 Minutes], alors qu’un nouveau premier secrétaire du PS devrait normalement être élu par les militants. Metronews parle de "parachute en or", de "promotion-sanction" et de "placard doré" pour l'homme qui n'a pas réussi à convaincre à la tête du parti. "Exfiltré du PS, il semble promu en entrant au gouvernement de Manuel Valls… mais les apparences sont trompeuses" explique L'Express qui décrit le poste de secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes comme une "coquille vide". La rédaction de Slate parle quant à elle du "portefeuille le plus instable de la Vème République".
Le Secrétariat général aux Affaires européennes – jusqu’à présent rattaché à Matignon – passe désormais dans le giron de l'Elysée, et c'est un proche de François Hollande, Philippe Léglise-Costa, conseiller Europe du président, qui en prend les rênes. Toutefois, L'Opinion analyse cette stratégie positivement et juge qu'elle "donne un signal important sur la place qu'occupera Bruxelles sur l'agenda présidentiel". Un pied de nez à la Commission européenne, juge à l’inverse Capital qui souligne que "la nomination mercredi de Harlem Désir au poste de secrétaire d'Etat aux Affaires européennes s'inscrit dans une tradition de désinvolture de Paris à l'égard de l'UE".

Interviewé ce matin par BFMTV et RMC, Laurent Wauquiez a critiqué ce choix : "Harlem Désir, nommé aux Affaires européennes, est l'incarnation d'une France faite de nains politiques qui ont renoncé à changer l'Europe". "On considère qu'il n'est pas compétent, qu'il n'a pas fait le job au Parti socialiste et où est-ce qu'on le met ? Aux Affaires européennes. Harlem Désir, c'est exactement le symbole d'un pouvoir politique qui a renoncé à changer l'Europe" a-t-il également indiqué. L'eurodéputé Vert Yannick Jadot a également été amer sur la stratégie de l'Elysée : "ce gouvernement et ce président ne prennent pas la question européenne au sérieux. (…) François Hollande laisse totalement l'Europe entre les mains de (la chancelière) Angela Merkel et (du Premier ministre britannique) David Cameron" [Capital].

Les résultats de l'eurodéputé qui sont passés au crible alimentent davantage la critique de sa nomination. Elu au Parlement européen depuis 1999, Harlem Désir n'a pas été le plus assidu des parlementaires européens : il a en effet été présent seulement une fois sur deux lors des votes en session plénière [L'Express].

En parallèle, la presse revient aussi sur la place qu’occupe le Front National dans le dernier sondage sur les élections européennes de TNS Sofres-Sopra publié mercredi : 1 point y sépare le FN (24%) de l'UMP (25%) [Le Parisien], alors que le PS "distancé" [Le Nouvel Obs] ne récolte que 19% des intentions de vote. "L'Europe est-elle responsable de la montée du FN ?" s'interroge 20 Minutes, tandis que Metronews revient sur le refus de Marine Le Pen de débattre face à Martin Schulz, actuel président du Parlement européen et candidat socialiste à la tête de la Commission européenne.

Et Arnaud Leparmentier de pointer du doigt les paradoxes de la campagne française pour les élections européennes : "c'est une curieuse campagne où les galaxies ne se croisent guère. Les partis traditionnels ont l'Europe honteuse, des socialistes qui prétendent combattre une Europe libérale à l'UMP qui aime tant l'Europe qu'elle voudrait en changer" [Le Monde].

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