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Guerre du gaz Russie-Ukraine : quels dégâts collatéraux pour l'UE ?

Revue de presse 17.06.2014

Les gros titres de la presse se concentrent sur la fermeture du robinet de gaz de la Russie à l'Ukraine. "A partir de ce jour, la société ukrainienne ne recevra plus que les volumes qu'elle aura payés", a indiqué Gazprom. Situation prévisible alors que Moscou avait lancé un ultimatum à l'Ukraine pour le paiement de sa dette gazière – dont le montant est contesté par Kiev –, et qui suscite les inquiétudes de l'Europe dont 15% des approvisionnements gaziers transitent par l'Ukraine depuis la Russie.

Gazoduc

"Moscou coupe les livraisons de gaz à l'Ukraine faute d'accord financier", titrent Les Echos qui reviennent sur l'échec des discussions entre la Russie et l'Ukraine, dont la dernière chance d'aboutir était ce weekend lors d'une rencontre entre les compagnies gazières russe, Gazprom, et ukrainienne, Naftogaz. Les journalistes Anne Feitz et Anne Bauer soulignent le désaveu subi par la Commission européenne dans cette affaire, alors que les efforts de médiation européens avaient été importants.

Ainsi, la livraison de gaz russe à l'Ukraine est désormais conditionnée par un système de prépaiement et par le règlement des 4,5 milliards de dette ukrainienne réclamés qui sont à l'origine de cette coupure [Euronews]. Les deux parties ont saisi la Cour d'arbitrage de Stockholm alors que Kiev estime que Gazprom lui doit 6 milliards de dollars en raison de tarifs trop élevés et que Gazprom exige le règlement de la dette ukrainienne [Euronews].

Le conflit semble parti pour durer, alors que le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre basse du Parlement russe, Alexei Pouchkov, veut maintenir l'arrêt des négociations [Euractiv.fr]. C'est également ce que prévoit le  Journal du Dimanche, qui souligne la fermeté du patron de Gazprom et de la Russie tant que la dette ne sera pas réglée, au grand dam de la Commission européenne dont le président, José Manuel Barroso, a exhorté à un "effort" pour parvenir à un accord. L'hebdomadaire  juge également que de nouvelles sanctions économiques européennes seraient efficaces contre la Russie. Devant le blocage de la situation, Euronews explique que l'Ukraine envisagerait d'acheter du gaz russe à l'UE.

Les inquiétudes quant à l'approvisionnement en gaz de l'Europe sont perceptibles et rappellent l'épisode de l'hiver 2009 [Euronews]. Les Echos jugent que les intérêts européens ne sont pas menacés à court terme. Une situation confirmée par l'opérateur des gazoducs en Slovaquie, Eustream, qui a confirmé la normalité du flux de gaz en provenance de Russie [Reuters]. Toutefois, le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, est plus inquiet pour l'hiver prochain : "les semaines à venir ne seront pas problématiques, nous recevrons nos volumes habituels de gaz. Mais si l'Ukraine puise dans ses réserves nous aurons un problème en cas d'hiver rigoureux" [Le Figaro]. Metronews souligne cependant que l'impact différerait d'un pays à l'autre au sein de l'UE.

Pour Les Echos, ce nouvel épisode de la confrontation Ukraine-Russie vient grossir le rang des sujets de contentieux entre l'UE et l'opérateur gazier russe, alors que d'autres dossiers sont déjà sur la table comme celui du gazoduc South Stream ou encore l'accusation de position dominante proférée par l'UE à l'encontre de Gazprom.

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