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Guerre commerciale entre l'UE et les Etats-Unis : Trump et Juncker désamorcent la crise

Revue de presse 26.07.2018

Alors que leur rencontre s'annonçait périlleuse, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président américain Donald Trump sont parvenus à un accord provisoire le 25 juillet à Washington. Une entente qui vient désamorcer des mois de conflit commercial entre Washington et Bruxelles, traduits par des hausses de droit de douanes.

Conférence de presse commune de Donald Trump et Jean-Claude Juncker

Conférence de presse commune de Donald Trump et Jean-Claude Juncker - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

L'inattendu armistice

"C'était la négociation de la dernière chance. Mais contre toute attente, elle a débouché sur un accord", observent Les Echos ce matin. Si la visite de Jean-Claude Juncker à la Maison Blanche le 25 juillet était aussi capitale que risquée, le président de la Commission européenne joue désormais la carte de l'assurance déclarant, "j’avais l’intention de parvenir à un accord aujourd’hui. Et nous avons un accord aujourd’hui" [Le Monde].

En définitive, résume Le Point, les négociateurs européens sont parvenus à "désamorcer la crise née des tarifs douaniers imposés par Washington". Les deux présidents ont également annoncé une série de décisions dans l'agriculture, l'industrie et l'énergie "dont la portée exacte reste cependant à confirmer", commente le journal.

À l'annonce de la nouvelle "le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier", cité par Le Point, "a immédiatement salué sur Twitter cette 'percée' qui 'peut éviter une guerre commerciale et sauver des millions d'emplois' ". En effet, selon une source européenne, "aucun nouveau tarif douanier ne sera pour le moment imposé sur les importations de voitures européennes aux États-Unis". De quoi rassurer Berlin, puisque ce secteur clé de l'économie allemande emploie aujourd'hui "800 000 personnes" [Le Figaro].

Commercialisation du soja et gaz liquéfié

Néanmoins si l'enthousiasme est palpable, Les Echos tempèrent. "En fait d'accord, il s'agit plutôt d'un cessez-le feu", juge le journal, rappelant que les vraies négociations doivent commencer.

Pour l'instant, ce sont uniquement des mesures de court terme qui ont été annoncées. D'une part, l'Europe s'engage sur "l’achat de soja, dont le cours baisse et qui n’est pas soumis à droits à l’importation en Europe", indique Le Monde. Cela pourra "offrir un débouché aux 'farmers' frappés par les contre-sanctions chinoises", précise le journal. Il "s'agira de commercialisation puisque la culture de soja génétiquement modifié est interdite en Europe" [Le Figaro].

D'autre part, l'Europe s'est engagée sur l'acquisition de gaz naturel liquéfié américain. Une acquisition qui "plaira aux amis pétroliers du locataire de la Maison Blanche", commente Le Monde, "et va dans le sens d’une moindre imbrication géostratégique entre l’UE […] et la Russie".

Trump sous pression dans son propre camp

Comme le rappelle Le Point, ce revirement de stratégie opère alors qu'à "la veille de la rencontre, le locataire de la Maison-Blanche avait une nouvelle fois dénoncé l'attitude de l'Europe, à laquelle il réserve depuis plusieurs mois ses flèches les plus acérées".

Si Le Monde évoque "les jeux d’influence sans cesse mouvants à la Maison Blanche", le journal rapporte que Donald Trump semble désormais acculé par les critiques de nombreux acteurs politiques et économiques parmi ses propres amis. "Je ne pense pas que les tarifs douaniers soient la bonne réponse", avait notamment lâché mardi le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan [Le Point]. En effet, comme lui "nombre d'élus du Grand Old Party s'inquiètent de l'impact possible de la croisade présidentielle sur les élections de mi-mandat prévues en novembre".

D'un point de vue économique, certains secteurs tirent la sonnette d'alarme. Notamment pour l'industrie, "le fabricant de motocycles Harley Davidson ou celui de lave-linge Whirlpool". Les deux poids lourds ont en effet annoncé cette semaine de mauvais résultats "en raison de la guerre commerciale", explique Le Monde. Côté secteur agricole même tendance, "Donald Trump a dû annoncer, mardi, 12 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros) d’aides aux agriculteurs des terres agricoles du Midwest, frappées par les représailles chinoises et mexicaines qui taxent le soja et le porc", indique également le journal.