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Grèce : l'Eurogroupe se réunit au lendemain de réformes des retraites et de l'impôt

Revue de presse 09.05.2016

Le Parlement grec a adopté la nuit dernière une difficile réforme des retraites, censée répondre aux exigences des créanciers du pays. Le texte n'a pourtant pas recueilli les votes de l'opposition et fait face à l'hostilité des syndicats : de nombreuses manifestations ont émaillé le week-end. Alexis Tsipras va certainement profiter de ce vote pour défendre un allègement de la dette grecque auprès des membres de l'Eurogroupe qui sont réunis ce lundi à Bruxelles.

Tsipras

Unification de la sécurité sociale, réformes des retraites et de l'imposition

"C'est une réforme controversée, mais réclamée par les créanciers de la Grèce, l'UE et le FMI" explique France TV Info. Dans la nuit de dimanche à lundi, le Parlement grec a adopté la loi intitulée "Un système unifié de sécurité sociale, réforme du système des retraites et règlement de l'impôt sur le revenu". Même si le gouvernement d'Alexis Tsipras a su maintenir la cohésion de sa majorité, composée du parti de gauche radicale Syriza et des souverainistes d'Anel, aucun des 143 députés de l'opposition – le parti de droite Nouvelle Démocratie – n'a soutenu la réforme.

La nouvelle loi prévoit donc "la réduction des retraites les plus élevées, la fusion des multiples caisses d'assurance, l'augmentation des cotisations, des taxes et de l'imposition surtout pour les moyens et hauts revenus" récapitule RFI. De plus, le seuil minimum d'imposition va être abaissé à 9000 euros de revenus par an. Une réforme qui selon le Premier ministre ne devrait toucher que 7,5% des retraités, indique la BBC.

Kyriakos Mitsotakis, le chef de Nouvelle Démocratie, a accusé le gouvernement d' "incapacité" et l'a rendu responsable "des retards pris dans les négociations avec les créanciers". Il a de plus fait appel au départ du gouvernement et à la convocation de nouvelles élections "pour que la Grèce évite d'appliquer de nouvelles mesures de rigueur" [Les Echos].

En effet, "l'adoption de ces mesures était l'une des conditions fixées par les créanciers de la Grèce pour débloquer une nouvelle tranche d'aide", rappelle RFI. La Grèce doit recevoir ce prêt pour rembourser quelques 2,3 milliards d'euros de dette détenue par la Banque centrale européenne.

De nouvelles manifestations et grèves pendant le week-end

Sans surprise, le débat parlementaire a eu lieu dans un contexte de protestation populaire. Vendredi et samedi, une grève générale a paralysé les transports en commun, et le mouvement se poursuit dans le transport maritime. "Aucune liaison n'est effectuée entre la Grèce continentale et les îles depuis vendredi" [Le Figaro].

Dimanche, des manifestations ont réuni 26 000 personnes à Athènes et à Thessalonique, moins que lors des précédents rassemblements de février dernier, où l'on comptait 50 000 participants. Ils ont appelé au retrait de la réforme des retraites [El Mundo].

Réunion extraordinaire de l'Eurogroupe ce lundi

"L'adoption de cette réforme intervient avant la réunion, lundi à Bruxelles, des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe)", rappelle France TV Info. Le Premier ministre grec espère donc que ce pas en avant permettra d'ouvrir le débat sur la question de la dette du pays.

Après dix mois de discussions entre la Grèce et ses créanciers au FMI et à la BCE, aucun accord n'a en effet été trouvé sur le déblocage d'un nouveau versement pour permettre un remboursement de la dette. "La réforme des retraites s'inscrit donc dans la logique des efforts du gouvernement pour s'aligner sur les exigences des créanciers qui demandent des économies de 5,4 milliards d'euros d'ici 2018" [France TV Info].

"La discussion sur l'allègement de la dette, qui représente 180% du produit intérieur brut grec, figure également sur l'ordre de jour de cette réunion, une première depuis le début de la crise grecque en 2010, s'est félicité dimanche soir devant l'Assemblée le Premier ministre grec Alexis Tsipras" [RFI].

Dans son discours, M. Tsipras a souligné qu'il s'agissait "d'une journée importante" pour son pays. A propos de l'allègement de la dette, il a ajouté que "ce qui était pendant tant d'années une simple hypothèse sera demain officiellement sur la table, ce sera à l'ordre du jour".

Le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici semblait partager l'optimisme du chef du gouvernement grec : "on demande à la Grèce de faire un programme de réformes très ardu. Je pense que nous pourrons constater que pratiquement tout le chemin a été fait dans la préparation de cette réforme, et ce sera un message important" [RFI].

Un discours proche de celui du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à une exception près. S'il admet que la Grèce a "pratiquement atteint" ses objectifs de réformes et que l'Eurogroupe va mener de "premières discussions" sur un aménagement de la dette grecque, une réduction pure et simple n'est pas à l'ordre du jour [France TV Info].

Le ministre fédéral des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, est lui beaucoup plus prudent. Le Tagesschau rapporte que le ministre a insisté sur le fait que la Grèce doit en premier lieu réduire ses dépenses publiques, de sorte qu'au bout de deux ans le Trésor grec gagne plus d'argent qu'il n'en perd. "La Grèce doit atteindre en 2018 un excédent primaire de 3,5 pour cent", a déclaré M. Schäuble. Cela semble possible". Pas pour le FMI, semble-t-il. Sans un plan spécifique de restructuration, le FMI ne participera plus au financement du sauvetage de la Grèce, a menacé Christine Lagarde.

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