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Grèce : cherche argent désespérément

Revue de presse 22.04.2015

Que ce soit en puisant dans les autorités locales et infrastructures publiques ou via un accord énergétique avec la Russie, le gouvernement grec tente de trouver de l’argent par tous les moyens. Il risque cependant de s’attirer les foudres de Bruxelles, alors même que les négociations d’aide financière peinent à sortir de l’impasse.

Grèce

La situation financière de la Grèce est au cœur de toutes les préoccupations, que ce soit à Bruxelles ou au sein du pays même.

La correspondante au bureau européen du Monde Cécile Ducourtieux relate que les négociations entre le gouvernement grec et les institutions européennes, en particulier l’Eurogroupe, ne cessent d’être reportées. Si la dernière limite était fixée au 24 avril, date de la prochaine réunion des pays de la zone euro, elle est désormais repoussée au 11 mai, tant les discussions sont mal engagées et risquent d’être stériles.

Si les dates limites imposées à la Grèce pour proposer des réformes jugées acceptables par l’UE étaient jusqu’à présent posées arbitrairement par l’Eurogroupe, une véritable échéance approche et inquiète Bruxelles : la fin juin. C’est à ce moment que le deuxième plan d’aide pour la Grèce va expirer. Alors, l’UE et la Grèce devront à nouveau négocier un troisième plan d’assistance financière. Selon une source européenne, dans une telle situation, "les Européens seraient peut-être dans une position de négociation moins favorable".

Athènes irrite aussi sur ses propres terres. En effet, la "stagnation des négociations" [EurActiv] oblige le gouvernement de M. Tsipras à prendre des mesures controversées.

À cours d’argent, ne sachant à quel saint se vouer et ayant expressément besoin de fonds pour payer les retraites, ses agents de service public ainsi qu’une part de sa dette au Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement grec exige, par un décret d’urgence, le transfert des réserves de fonds des organismes publics et des collectivités locales à la Banque centrale grecque. Les régions, les villes, les universités et les hôpitaux seraient donc tous concernés. Seuls les organismes de sécurité sociale restent épargnés, précise Libération.

Le journal s’inquiète et estime que "la Grèce est entrée dans une zone de très fortes turbulences financières, celle de la crise de liquidité". Le pays a en tout besoin de 3 milliards d’euros d’ici quinze jours.

La mesure provoque un "véritable tollé" [Le Figaro]. Le Monde et Libération parlent tous deux d’un "siphonnage" des organismes publics.

Le Monde évoque même un véritable "mouvement de panique" au sein du pays.

Le président de l’Association des maires de Grèce (KEDE) Georges Patoulis s’est insurgé contre ce décret, expliquant qu’il risque de "renverser la planification des municipalités, compromet le bon fonctionnement de leurs services et entame leur capacité à acquitter les salaires du personnel des prochains mois".

Le maire d’Athènes George Kaminis a déclaré que ce décret "est manifestement inconstitutionnel, et viole brutalement l’autonomie des collectivités locales".

Quant au représentant des régions de Grèce, il estime que cette mesure pourrait "provoquer les conditions de cessation de paiement et risquant d’entraîner l’arrêt de travaux (routes, hôpitaux, écoles), [de] l’investissement..."

Pour Le Figaro, "l'inquiétude est palpable, les journaux comparent la situation à celle de l'Argentine, au moment de la faillite de 2001" et les partis d’opposition grecs dénoncent un "coup d’Etat".

Tentant de calmer le jeu, le ministre des Finances Yanis Varoufakis s’est engagé à rembourser les autorités locales d’ici deux mois.

Parallèlement, de nombreux médias notent que le directeur de Gazprom s’est rendu dans la capitale grecque pour discuter avec le Premier ministre hellène "de dossiers actuels liés à l'énergie et dignes d'intérêt" [L’Opinion].

Cynique, Le Figaro qualifie cette visite de "très opportune".

Euronews précise qu’un accord gréco-russe serait en marche sur le projet de gazoduc 'Turkish Stream'. Il permettrait à la Grèce de recevoir une indemnité non négligeable de la part du consortium dirigé par Gazprom, des liquidités dont le pays a désespérément besoin.

Or, cette rencontre intervient au moment même où la Commission européenne accuse le géant gazier russe d’entraves à la concurrence. Les Echos expliquent en effet que "le gouvernement grec prend des risques à entrer dans une coopération trop étroite avec Moscou", car cela pourrait "anéantir toutes ses chances d’un accord financier avec l’Europe".

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