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"Génocide" arménien : le pape François fait enrager la Turquie

Revue de presse 13.04.2015

Hier, le pape François a qualifié de "génocide" le massacre des Arméniens perpétré il y a cent ans par la Turquie au cours de la Première Guerre mondiale. Ces propos ont provoqué les foudres des dirigeants turcs.

Pape François 1er

Dimanche 12 avril, une messe à la mémoire des Arméniens massacrés entre 1915 et 1917, a été célébrée avec le patriarche arménien Nerses Bedros XIX Tarmouni dans l’enceinte de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Le Point retranscrit les propos du pape François : "Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme le premier génocide du XXe siècle a frappé votre peuple arménien. Les deux autres ont été ceux perpétrés par le nazisme et par le stalinisme. Et plus récemment d'autres exterminations de masse, comme celles au Cambodge, au Rwanda, au Burundi, en Bosnie".

L’Obs explique que c’est la première fois qu’un pontife utilise publiquement le terme de "génocide" pour parler de cet événement. Le pape Jean-Paul II avait déjà employé cette expression dans un document écrit datant de 2001 [Libération].

Les Echos estiment qu’une "guerre des mots" est en cours, tandis que Le Point parle d’un "dialogue de sourds".

Euronews rappelle en effet que la population arménienne considère "que 1,5 million des siens ont été tués pendant les deux dernières années de l’empire ottoman. Plus d’une vingtaine de pays ont reconnu un génocide, mais la Turquie affirme qu’il s’agit d’une guerre civile, ayant fait autant de victimes côtés turc comme arménien".

Le Monde parle d’un "incident diplomatique" qui est en train de se produire, car les réactions turques ne sont pas fait attendre : le ministre des Affaires étrangères turc a affirmé que "la déclaration du pape, qui est loin de la réalité légale et historique, ne peut pas être acceptée". Il a par la suite fait part de sa "grande déception et tristesse".

De son côté, le Premier ministre turc a jugé les propos du pape "impartiaux" et "inappropriés" [Libération].

Les autorités du pays n’hésitent pas à parler d’un "problème de confiance dans les relations entre Ankara et le Vatican", selon L’Humanité.

Le Point indique que le gouvernement turc a rappelé son ambassadeur au Vatican pour consultations.

Toutefois, Le Monde précise que la Turquie a fait preuve d’une relative bonne volonté dans cette affaire : en 2014, le gouvernement turc avait présenté ses condoléances aux descendants des victimes. Un geste dont le pape François s’était réjoui pour appeler ensuite à la "réconciliation".

Le président arménien Serj Sarkissian, lui, s’est réjoui du discours du pontife : "Nous sommes vivement reconnaissants à sa sainteté le pape François pour l'idée de cette liturgie sans précédent (...), qui symbolise notre solidarité avec les fidèles de la chrétienté" [L’Humanité].

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