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Frappes américaines en Syrie : les réactions affluent en Europe

Revue de presse 07.04.2017

Après avoir vivement condamné une attaque au gaz sarin, imputée au régime de Bashar Al Assad, qui a causé la mort d'au moins 86 personnes dans le nord de la Syrie cette semaine, le président américain, Donald Trump, a démontré sa volonté de changer d'approche dans le dossier syrien. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les Etats-Unis ont ordonné une attaque ciblée contre une base aérienne syrienne, depuis laquelle aurait été menée l'attaque chimique. Une réponse surprenante de la part de Washington à laquelle plusieurs dirigeants européens ont apporté leur soutien.

Missile Tomahawk, 7 avril

"Une honte pour l'humanité"

Pour la première fois en six ans de guerre civile en Syrie, Washington a directement ciblé le régime de Bashar Al Assad, note La Libre. Il aura en effet fallu "les images de corps gisant, bave aux lèvres, et d’enfants inconscients pour que le président américain, Donald Trump, déclare vouloir 'changer d’approche' dans le dossier syrien", constate France 24.

A 03h40 vendredi matin, heure de Syrie (20h40 jeudi soir à Washington), les Etats-Unis ont lancé 59 missiles contre la base aérienne d’Al-Shayrat en Syrie, associée à l'attaque chimique ayant fait au moins 86 morts dont 27 enfants en début de semaine, dans le nord du pays [Le Monde]. Plus tôt, "les quinze membres du Conseil de sécurité avaient tenté - sans succès - de se mettre d’accord sur une réponse commune à l’attaque de mardi" [La Libre]. Cependant, "après plusieurs heures de négociations stériles, et face à la promesse de Moscou d’opposer son veto à tout autre texte que le sien, Donald Trump a donc choisi de ne pas attendre", rapporte le journal belge. Une décision surprenante qui "suppose un tournant dans la politique de Washington en Syrie", selon El Pais

Le président américain a également appelé jeudi "toute les 'nations civilisées' à œuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie et le terrorisme'", lors d'une brève allocution télévisée [Europe 1]. Le Kremlin a très rapidement condamné ces attaques américaines qu'il qualifie "d'acte d'agression envers les membres des Nations Unies" [The Daily Mail]. Moscou menace également de mettre un terme à la coopération entre la Russie et les Etats-Unis et demande la tenue d'une réunion d'urgence à l'ONU pour discuter de la situation, indique Le Figaro

Réponse "appropriée", "compréhensible", "nécessaire" : des réactions de soutien en Europe

Ce matin, François Hollande et Angela Merkel "se sont entretenus au téléphone sur la situation en Syrie" [LCI]. "Assad porte l'entière responsabilité de ce développement. Son recours continu aux armes chimiques et aux crimes de masse ne peut en effet rester impuni (...) La France et l’Allemagne poursuivront donc leurs efforts avec leurs partenaires dans le cadre des Nations Unies pour sanctionner de la manière la plus appropriée les actes criminels liés à l’utilisation des armes chimiques interdites par tous les traités", ont déclaré les deux dirigeants dans un communiqué commun, repris par la chaine d'information.

"Il était à peine supportable de devoir regarder comment le Conseil de sécurité de l’ONU s’est montré incapable de réagir de manière claire à l’utilisation barbare d’armes chimiques. Que les Etats-Unis réagissent en attaquant les structures militaires du régime qui a commis ce crime de guerre, est compréhensible", a jugé pour sa part le ministre fédéral des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel [Der Spiegel]

"Notre réaction est que nous soutenons totalement ce que les Américains ont fait. C'est limité et c'est tout à fait approprié", a déclaré quant à lui le secrétaire britannique de la Défense Michael Fallon à la BBC, rapporte The Guardian.

A ces témoignages de soutien se sont également ajoutés ceux du Premier ministre du Danemark Lars Lokke Rasmussen, et du ministre des Affaires étrangères de l'Estonie Sven Mikser, parlant respectivement de bombardement "juste" et "nécessaire" [La Repubblica]. La Turquie a également salué la réaction des Etats-Unis. Ankara considère les frappes américaines contre une base militaire du régime syrien comme "positives", a déclaré ce matin le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, cité par l'agence progouvernementale Anadolu. "Le régime de Assad doit être puni entièrement sur le plan international", a déclaré M. Kurtulmus, interrogé sur la chaîne Fox TV [Libération].