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France/Grèce : deux poids, deux mesures ?

Revue de presse 27.02.2015

La France a obtenu un délai de deux ans pour redescendre en dessous des 3% de déficit, tandis que la Grèce voit son plan d'aide rallonger. Les deux pays sont "invités" à faire des réformes pour rétablir leurs comptes, mais le ton est plus sévère envers la Grèce. Y-aurait-il deux poids, deux mesures envers ces deux pays ne respectant pas les règles budgétaires ?

Valdis Dombrovskis et Pierre Moscovici

"'La France est aussi sous surveillance budgétaire et il n'y a pas de différence de traitement', a assuré Martin Schulz" à Euronews. "Le social-démocrate allemand a ainsi rappelé que 240 milliards d'euros avaient été prêtés à la Grèce depuis 2010 et a évoqué le problème de l'évasion fiscale", affirmant que "la Grèce n'est pas un pays qui a été mal traité. Il y a eu beaucoup de solidarité envers la Grèce. Mais il n'y a pas eu de solidarité à l'intérieur du pays".

La Croix souligne que le rallongement du délai pour la France n'est pas inconditionnel puisqu'il "s'accompagne en effet de nouvelles exigences". Le site du quotidien explique que la Commission européenne "attend désormais de Paris un programme de réformes structurelles 'ambitieux et plus détaillé en avril' qui sera ensuite évalué en mai 2015, a expliqué jeudi 26 février le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici". Pour Dominique Seux, des Échos, c'est une "véritable humiliation pour la France". Le journaliste souligne que "cette année, un seul pays sur les dix-neuf que compte la zone euro aura un déficit plus élevé que le nôtre (l'Espagne)" et que "l'an prochain, nous serons tout en haut du palmarès". Dominique Seux en conclut que cela fait de la France "l'incontestable mauvais élève de la classe" et devrait avoir pour conséquence le fait qu'elle "ne donne pas des leçons de politique économique à toute l'Europe".

Pourtant, l'Allemagne n'a d'yeux revolver que pour la Grèce. Le quotidien allemand Bild Zeitung s'est lancé dans une "campagne d'opinion" pour empêcher le Bundestag d'avaliser le prolongement de l'aide grecque et a "choisi de défendre une politique d'austérité sans limite, que les Grecs doivent accepter sans broncher (au risque de passer pour des 'insolents'). Rien d'étonnant pour un journal qui a attaqué les Grecs régulièrement depuis 2010", estime Romaric Godin de
La Tribune. Le journaliste rappelle que l'Allemagne "n'a pas respecté dans le passé, notamment durant son 'ajustement' de la période Schröder" les règles de la zone euro.

Des exigences de réformes ont été formulées à la Grèce comme à la France, celles concernant la Grèce étant plus élevées car elle reçoit de l'aide de ses voisins, contrairement à la France. Des critiques s'élèvent dans les deux pays contre ses exigences, mais la situation est plus problématique en Grèce où "le ministre de l’Energie, Panayotis Lafazanis, qui appartient à l’aile gauche du parti de la gauche radicale Syriza, a annoncé que le gouvernement ne mettrait pas en œuvre le projet de privatisation" de deux compagnies, rapporte Le Monde. Les exigences de ses créanciers ont du mal à être acceptées "alors que tous les pays de l'Union européenne ont augmenté leur salaire minimal depuis 2008, Athènes a diminué le sien", chutant "entre 2008 et 2015 de 14%", explique Le Monde.

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