Derniers articles publiés

Européennes : le Royaume-Uni et les Pays-Bas ouvrent le bal

Revue de presse 22.05.2014

Premiers à voter parmi les 28 Etats membres, les électeurs britanniques et néerlandais se rendent aux urnes aujourd'hui pour élire respectivement leurs 73 et 26 eurodéputés qui siègeront au sein du Parlement européen. Parmi les candidats en lice, les partis eurosceptiques, en pleine expansion, font du bruit et sont majoritairement mis en avant dans la presse française aujourd'hui.

Nigel Farage - session plénière 16 avril 2014

"Royaume-Uni : rien n’arrête Ukip, même les bourdes" titrent Les Echos. En effet, crédité de 26% d'intentions de vote selon le dernier sondage de l'institut YouGov, le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UK Independence Party) est au coude à coude avec les travaillistes, dépasse les conservateurs (derrière lesquels il était en 2009) et distance largement les libéraux démocrates qui peinent à 9% des intentions dans les sondages. Ces prévisions sont toutefois entachées de nombreux dérapages de campagne, souligne le quotidien qui cite les aveux du leader du parti lui-même : "avec le recul, j’admets que les idées que j’ai défendues pourraient être perçues comme plutôt fortes" admet Nigel Farage.

L'Express revient sur les raisons de ce succès du parti eurosceptique. C'est principalement la simplicité de leurs arguments concernant l'immigration qui remporte un vif écho au sein de la population alors que les îles britanniques connaissent un fort taux d'immigration. Un sujet qui fait également recette en Suède, où 10% des intentions de vote sont pour le parti anti-immigration des Démocrates suédois [Euronews]. De plus, c'est la nature de l'électorat visé qui garantit le succès de UKIP : "le parti s'adresse à tous ceux qui ont l'impression que la classe politique les dédaigne" explique Tony Travers, politologue [L'Express].

Néanmoins, le renforcement des Verts britanniques et la montée en puissance du parti nationaliste écossais (SNP) sont à prévoir [La Tribune]. Outre ces évolutions, de nouvelles forces pro-européennes britanniques ont vu le jour à l'instar du nouveau parti pro-européen "4 Freedoms Party" (UK EPP) fondé par des conservateurs et qui se veut une alternative aux droites britanniques [Euractiv.fr].

Aux Pays-Bas, les bureaux de vote sont ouverts depuis 7h30 ce matin. Une forte abstention est prévue. Tout comme leurs voisins outre-Manche, les Néerlandais indiquent une préférence majoritaire (23% dans les sondages) pour un parti eurosceptique, le Parti pour la Liberté (PVV) mené par l'eurodéputé sortant Geert Wilders, en affaires avec Marine Le Pen rappelle Le Parisien. "Les Pays-Bas confirment le paradoxe lié à l’Union européenne. D’un côté, seuls un tiers des Néerlandais s’en montrent satisfaits. De l’autre, 80 % d’entre eux estiment que l’Europe est la voie de l’avenir pour le pays", constate le ministre des Affaires étrangères, Frans Timmermans [Les Echos].

La Tribune détaille les enjeux des élections dans ces deux Etats membres où "ce scrutin européen pourrait rebattre les cartes de la politique nationale", puisque le vote néerlandais est envisagé par les électeurs comme une sanction de la politique du gouvernement actuel et que se dérouleront des élections générales au Royaume-Uni l'an prochain. Le vote dans ces deux pays se joue également aussi sur l'argument de la sortie de l'euro voire de l'UE [Les Echos].

Alors que l’Italie fermera la marche dimanche et que les résultats ne seront révélés en même temps pour l'ensemble des Etats membres qu’à partir de 23 heures ce jour-là, une première idée de la composition du Parlement sera possible dès ce soir, avec une relative victoire des eurosceptiques : "ce sera une victoire en ordre dispersé, puisque aucun des trois partis eurosceptiques de ces deux pays ne rejoindront le même groupe" analyse le journaliste Romaric Godin [La Tribune].

Demain, l'Irlande et la République tchèque sont les prochains à procéder au vote.

Les autres sujets du jour