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Européennes : l’"exception française" du FN

Revue de presse 26.05.2014

Les résultats des élections européennes font sans surprise les unes de la presse française, qui taille une belle part aux résultats du Front national et au désaveu que sa victoire représente pour le gouvernement français. Les sites de presse analysent également la progression des autres partis eurosceptiques au sein du Parlement européen.

Marine Le Pen au Parlement européen le 15 janvier 2014

« Le coup de tonnerre du 25 mai », titre l’éditorial de L’Opinion. La surprise est en effet grande puisque la formation française d’extrême-droite remporte plus de 25% des voix, contre 6% en 2009, dépassant ainsi l’UMP et le Parti socialiste. Un « vote bleu Marine » [Direct Matin] qui a fait réagir la principale intéressée : “notre peuple exige une seule politique, la politique des Français pour les Français, avec les Français. Ils ne veulent plus être dirigés du dehors, se soumettre à des lois qu’ils n’ont pas votées, ni obéir à des commissaires qui ne se sont pas soumis à la légitimité du suffrage universel” a déclaré Marine Le Pen. Ainsi, les quelques 25 sièges (sur 74) que vont occuper les frontistes auront un impact certain sur l’influence de l’Hexagone au sein du Parlement européen, explique Euractiv.fr. Le Front national cherche à présent à former un groupe politique au Parlement [Le Figaro]. En effet, dans plusieurs autres pays l’extrême-droite a obtenu de bons scores [L’Opinion] : Danemark, Autriche… [Le Point]. L’alliance se ferait également avec le parti PVV néerlandais.

« A l’Elysée, Hollande assiste au désastre », titre Le Parisien qui revient sur le vote sanction des Français. Pour l’UMP, le coup est également dur à encaisser [Le Figaro]. Europe Ecologie Les Verts subit un choc particulièrement brutal par rapport à 2009 [Le Parisien]. Libération revient sur les eurodéputés écologistes qui n’ont pas été reconduits. « Les résultats estimés par les instituts de sondage confirment la violence de la crise politique qui secoue le pays » annonçait hier le journaliste Patrick Apel-Muller dans son éditorial de L’Humanité. Le Figaro revient également sur la responsabilité du chef de l’Etat et parle de « la fin d’un monde bipolaire » en France.

Les seuls qui semblent avoir réussi à tirer leur épingle du jeu sont les centristes de l’Alternative (UDI-Modem) : « pari réussi pour le centre ! La décomposition de l'UMP est en marche et le PS, parti de gouvernement, fait un score très mauvais. L'UDI-MoDem est une force centrale en émergence, claire et sans arrière-pensée » s’est félicitée Marielle de Sarnez, tête de liste élue en Ile-de-France [Le Monde]. Cependant, Marianne juge les 10% obtenus par l’alliance comme un « échec de la plus europhile de France ».

Le journaliste Dominique Seux commente ce score français, qui dénote dans le paysage européen : « les résultats et la première place du Front national qui stupéfie l’Europe sont en réalité cohérents avec notre triple exception française. Une exception économique ; une exception politique ; une exception dans nos relations avec l'Europe.  La France est vraiment l’homme malade de l’Europe – ce qui n’empêche pas l’Europe d’être malade elle aussi », écrit-il dans Les Echos.

En Grèce, c’est l’extrême-gauche qui l’a emporté : le parti Syriza est arrivé en tête : « une victoire historique » commente Euronews.

Outre ces résultats, les commentateurs saluent la participation cette année (43,1%) : pour la première fois depuis les premières élections du Parlement européen, la courbe de l’abstention s’est inversée. « La 8e législature du Parlement européen sera plus représentative que la précédente étant donné que le taux moyen de participation en Europe s’est amélioré par rapport à 2009 » a déclaré Guy Verhofstadt, candidat des libéraux à la présidence de la Commission européenne [Euractiv.fr]. Toutefois, l’abstention demeure encore forte dans certains pays, notamment la République tchèque, pire élève de l’UE avec plus de 80% d’abstention [Euractiv.fr].

Prochaine bataille en vue : la nomination du président de la Commission pour laquelle les tractations ont déjà débuté [Le Monde].

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