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Eurogroupe : les ministres des Finances s'accordent sur un allègement de la dette grecque

Revue de presse 06.12.2016

Réunis à Bruxelles le 5 décembre, les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus à un accord sur un allègement de la dette grecque. En revanche, la politique de relance budgétaire, désirée par la Commission européenne ainsi que plusieurs Etats membres, a finalement été rejetée, l'Allemagne et les Pays-Bas s'y étant opposés.

Le commissaire européen Pierre Moscovici et le ministre des Finances grec Euclide Tsakalotos

Un allègement a minima de la dette grecque

Cet Eurogroupe marque une étape dans la gestion de la dette grecque. Les ministres des Finances se sont en effet entendus sur un allègement de cette dernière. Les mesures actées restent néanmoins limitées. Elles portent principalement sur des garanties du Mécanisme européen de stabilité (MES), principal détenteur des créances de la Grèce, l'objectif étant de contenir l'augmentation des taux d'intérêt de la dette hellène. "Même si le chiffrage est presque impossible à effectuer, le fardeau grec s’en trouverait allégé de plusieurs milliards d’euros", rapporte Le Monde.

Le FMI souhaite un allègement bien plus conséquent de la dette grecque, explique le journal. Berlin s'y oppose toutefois farouchement et refuse d'évoquer une restructuration plus profonde de la dette avant la fin du troisième plan d'aide à la Grèce en 2018 "et surtout après les élections fédérales allemandes de 2017. Les Allemands n’ont aucune envie que cette question s’invite dans leur campagne électorale", souligne Le Monde.

C'est donc une demi-victoire pour la Grèce, d'autant que les Grecs ont plaidé pour un allègement avec des mesures "à plus long terme, plus efficaces" [L'Express avec l'AFP]. Les ministres des Finances ne sont également pas parvenus à trouver un accord avec la Grèce quant aux réformes exigées en contrepartie du plan d'aide, rapporte l'hebdomadaire.

Pour le journaliste Romaric Godin dans La Tribune, les mesures d'allègement de la dette grecque décidées à Bruxelles sont insuffisantes. Ce dernier estime que la politique d'austérité et de réformes imposées à la Grèce se base sur un postulat erroné, à savoir rendre la Grèce à nouveau compétitive pour relancer l'investissement et ainsi la croissance. "Une vision que l'histoire et la réalité du système financier, recherchant la 'liquidité' et le rendement rapide, rendent peu crédible". A défaut de réduire la dette du pays, les créanciers devraient encourager l'investissement européen en Grèce. "Or, le plan Juncker est très discret voire inexistant dans ce pays", note-t-il.

Les discussions achoppent sur la relance budgétaire

La Commission européenne cherche néanmoins à changer d'orientation économique, délaissant la rigueur budgétaire pour soutenir une politique de relance. "La Commission Juncker a proposé il y a quinze jours de relancer l'activité dans la zone euro et de resserrer la contrainte budgétaire, principalement en Allemagne, grâce à un surcroît de dépenses publiques de 55 milliards l'an prochain et sans doute plus en 2018", relate Le Figaro.

Un débat qui "enflamme les Européens depuis plusieurs semaines", lit-on dans La Croix. Ce changement de politique économique a acquis le soutien de plusieurs Etats membres, rapporte le quotidien : "Outre la France, l’Italie et le Portugal, acquis à l’idée de relance, la proposition de l’exécutif européen a reçu un 'soutien vocal', selon un diplomate européen, du Luxembourg, de Malte, de l’Irlande et de l’Espagne". Néanmoins, l'hostilité de l'Allemagne, à travers son ministre des Finances Wolfgang Schaüble, ardent défenseur de la rigueur, et des Pays-Bas aura eu raison de cet élan en faveur de la relance budgétaire.

La position de l'Allemagne est aujourd'hui toutefois moins certaine qu'auparavant, considère Le Figaro. Une fois passée l'échéance des élections législatives, prévues pour l'automne 2017, la position allemande quant à la politique budgétaire pourrait être susceptible de s'adoucir. "En septembre, le maintien ou non de Wolfgang Schaüble à son poste fournira une partie de la réponse", analyse le quotidien, qui relate en outre que même au sein de la CDU-CSU des voix commencent à s'élever pour mettre fin à l'austérité budgétaire, notamment parce qu'elle favorise la montée des populismes.

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