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Eurogroupe : la Grèce espère un accord global

Revue de presse 22.05.2017

Embourbée depuis 2008 dans une crise sans précédent, la Grèce, dirigée par Alexis Tsipras depuis janvier 2015, a consenti le 18 mai dernier à l'adoption de nouvelles mesures d'austérité. Le Premier ministre attend en retour des efforts de la part de ses créanciers et la conclusion d'un accord global qui mettrait fin à des mois de tergiversations, à l'occasion de l'Eurogroupe qui se tient le lundi 22 mai.

Alexis Tsipras

De nouvelles mesures de rigueur dans un pays fragilisé

"Soumis à une stricte austérité depuis l’éclosion de la crise de la dette en 2010, la Grèce peine à sortir de la récession", affirme Le Monde. En effet, "au premier trimestre, l'activité s'est repliée de 0,5% par rapport à la même période en 2016". La Commission a en outre révisé à la baisse sa prévision de croissance pour l'ensemble de l'année à 2,1% : "un chiffre très faible près de 9 ans après l'éclatement de la crise financière", souligne Le Point.

Pour contenter ses créanciers (la France et l'Allemagne sont les principaux), le gouvernement grec d’Alexis Tsipras s’est résolu à soumettre à son Parlement de nouvelles mesures d’austérité, "adoptées dans la douleur le 18 mai dernier, malgré des grèves et des manifestations" [Le Monde]. De nouvelles coupes dans le système de retraites, ainsi qu'un élargissement de l'impôt sur le revenu ont ainsi été adoptés [Le Point]. Ces économies, qui représentent 2% du PIB, doivent "garantir aux créanciers que les comptes publics continueront à être bien tenus, y compris après le terme du troisième plan d'aide qui s'achèvera à la mi-2018" [Les Echos].

Après l'adoption des 4,9 milliards d'euros de nouvelles économies, le Premier ministre Alexis Tsipras a ainsi affirmé : "la balle est dans le camp des créanciers, c'est à leur tour de tenir leurs engagements comme nous l'avons fait" [Les Echos]. "Il n'y a plus d'excuses pour tergiverser encore sur la question de l'allégement de la dette", a également ajouté Euclide Tsakalotos, le ministre grec des Finances [Le Figaro].

Vers un accord global après des mois de blocage ?

Après le vote de la semaine dernière, "le pays surendetté et à genoux après sept années d'austérité ne pourra accepter aucune mesure de rigueur supplémentaire", préviennent Les Echos. L'Eurogroupe qui se tient lundi 22 mai est alors l'occasion de parvenir à un accord global, après des mois de blocage.

Autour de la table : "les dix-neuf ministres des Finances de la zone euro (…), et le Fonds monétaire international (FMI), impliqués dans le troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros accordé à Athènes en juillet 2015" [Le Monde]. Première réunion du nouveau ministre français Bruno Le Maire, celle-ci devrait porter sur l'allégement de la dette de la Grèce et le déblocage de nouveaux prêts. "Un tel accord, attendu depuis des mois, écarterait le spectre renaissant d’un 'Grexit', et serait donc un soulagement pour la zone euro", souligne Le Monde.

Pour le commissaire français aux Affaires économiques Pierre Moscovici, "on est très près en réalité d’un accord global" [Le Monde]. M. Moscovici a ainsi affirmé sur France Inter que "la Grèce a pris ses responsabilités" et qu'il "souhaite que maintenant les partenaires de la Grèce que nous sommes prennent aussi leurs responsabilités" [Le Figaro].

Pourtant, la partie n'est pas gagnée. "Très préoccupé, le FMI refuse de mettre la main à la poche dans le cadre du plan de sauvetage, si des mesures facilitant ce remboursement ne sont pas accordées par les Européens", rappelle Le Monde. Dans un même temps, l’Allemagne, en période électorale, a jusqu'à présent rejeté cette éventualité… "tout en considérant (…) le FMI indispensable à la poursuite du programme", ajoute le journal.

C'est donc un "engrenage vicieux" que "les acteurs de la tragédie" devront briser ce lundi, note Le Point. Pour le journal, "ce cercle vicieux pourrait être [rompu] par le FMI". L'institution pourrait en effet rédiger une "déclaration de principe d'engagement", première étape indispensable pour sa participation et qui permettrait à Athènes et à ses créanciers de s'entendre enfin sur ce fameux "accord global".

La Grèce s'autorise de nouveaux espoirs

Le gouvernement d'Alexis Tsipras espère, grâce à l'accord et à ses nouvelles mesures d'économies, que la Banque centrale européenne jugera "la dette de son pays suffisamment sûre pour l'intégrer enfin à son programme massif d'achats", ce qu'elle fait déjà pour tous les autres membres de la zone euro. Grâce à cette confiance retrouvée, la Grèce pourrait revenir sur les marchés pour se financer avec des taux d'intérêt acceptables [Le Point].

Une nouvelle tranche d'aide a de bonnes chances d'être débloquée à l'issue de l'accord, ce qui apparaît de toute façon comme une nécessité dans la mesure où Athènes "doit honorer en juillet près de 8 milliards d'euros de remboursement de dette, dont 4 milliards à la BCE", expliquent Les Echos.