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Etat islamique : la France essaie de trouver sa place entre les Etats-Unis et la Russie

Revue de presse 29.09.2015

L'ouverture ce lundi de l'Assemblée générale des Nations unies a été le cadre d'un retour marqué de la Russie sur la scène internationale. L'ensemble des Etats semblent s'accorder sur la nécessité de combattre le groupe Etat islamique, chacun y trouvant ses intérêts, Etats-Unis et Russie en tête. Face à ces deux acteurs majeurs et malgré les interventions du président français les voix européennes peinent à se faire entendre.

65 e Assemblée générale des Nations unies Convenes

Deux visions se sont affrontées hier à la tribune de l'ONU, une opposition qui peut donner un air de déjà-vu. Quand Obama défend l'universalité du modèle démocratique pour justifier le nécessaire départ de Bachar El-Assad de Syrie, son homologue russe nie toute obligation de s'adapter à un modèle unique. De façon encore plus claire, pour le Kremlin "ce n’est pas à Obama et à Hollande de choisir qui dirige la Syrie" [Le Monde].

Pourtant la nécessité d'une intervention globale contre le groupe Etat islamique est ressentie par l'ensemble de la communauté internationale. Ce qui a permis à Poutine d'exprimer clairement son intention, que le Figaro rapporte : constituer une coalition mondiale contre Daech tout en soutenant l'armée syrienne. La logique russe est limpide : "les forces armées du président Assad et les milices kurdes sont les seules à se battre véritablement contre le (groupe) État islamique", la politique du ni Assad ni Daech est une "grave erreur".

Ce retour de Moscou sur la scène politique n'est pas une surprise pour Daniel Vernet, qui analyse la situation pour Slate : "Moscou ne peut pas perdre la Syrie. La base de Tartous est son seul point d’appui dans la Méditerranée orientale et le régime baasiste – au-delà de la personnalité d’Assad lui-même – son dernier allié, que l’Iran cherche à lui contester". Qui plus est, bien que la Russie ait été mise à l'écart de la diplomatie occidentale, "François Hollande et Angela Merkel n’ont pas rechigné à le rencontrer à plusieurs reprises – et une nouvelle réunion tripartite devrait avoir lieu début octobre à Paris", plus exactement ce vendredi, informe France Info.

La France et l'Allemagne, sur ce dossier, n'apparaissent pourtant pas comme moteurs d'une diplomatie à échelle européenne.

En effet, pour le président français il n'est pas envisageable de "faire travailler ensemble les victimes et le bourreau" [La Tribune]. Pour appuyer sa position, François Hollande avait annoncé le début des frappes aériennes françaises en Syrie la veille du lancement de l'Assemblée générale, rappelle Le Figaro. Bachar El-Assad n'aura donc pas le soutien français. Angela Merkel appelait, elle, au dialogue avec le régime syrien depuis mercredi [France Info].

Cependant, pour l'éditorialiste de l'Humanité Patrick Apel-Muller, la France se retrouve "prise de court en pleine Assemblée générale de l’ONU" , notamment "par un président américain qui dit chiche et une chancelière allemande qui désavoue le président français en ne faisant plus du départ du dictateur Assad le préalable à des actions communes".

La France défend ainsi une position proche de celle des Etats-Unis, "au premier rang de la classe de Barack Obama" pour l'Humanité, mais se retrouve isolée de l'Allemagne comme de la Russie ou de l'Iran en imposant la dénonciation de Bachar El-Assad comme une "base claire" nécessaire à la formation d'une coalition.

Entretemps, Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, a estimé lundi soir que le groupe P5+1 (Russie, Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne, à l'origine de l'accord sur le nucléaire iranien) "pourrait se saisir du dossier" [La Tribune].

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