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Etat islamique : après Obama, Hollande poursuit son marathon diplomatique avec Merkel

Revue de presse 25.11.2015

De retour de Washington, le président français reçoit ce soir Angela Merkel à l'Elysée. Après David Cameron et Barack Obama et avant Vladimir Poutine, François Hollande enchaîne les rencontres diplomatiques pour forger une coalition internationale contre l'Etat islamique. Avec plus ou moins de succès.

François Hollande et Angela Merkel à l'Elysée ©Présidence de la République – Christelle ALIX

Photo : ©Présidence de la République – Christelle ALIX

"Nous avons obtenu ce que nous sommes venus chercher". Tels sont les mots d'un haut responsable français à la suite de l'entrevue entre François Hollande et Barack Obama hier [La Tribune].

Les deux dirigeants ont affiché leur unité sur l'intensification de la lutte contre l'EI, et décidé de coordonner leurs renseignements sur la menace intérieure. Le président américain a également "appelé les pays européens à partager plus de renseignements à propos des personnes qui partent d'Europe pour se rendre au Proche-Orient et a offert de partager les outils américains de filtrage des réfugiés venus des zones de conflit", poursuit La Tribune.

Des engagements satisfaisants pour la France ? France24 (avec l'AFP) est plus sceptique : la conférence de presse de la Maison blanche qui a suivi la rencontre "n'a donné lieu à aucune annonce spécifique". De fait, "l'épineuse question de la place à réserver au président Bachar al-Assad dans une éventuelle transition politique reste entière. 'On est probablement plus enclin à travailler avec M. Poutine que M. Obama ne l'est à ce stade', a reconnu une source diplomatique française".

Tant qu'il n'y aura pas de "changement stratégique" de la part du président russe sur ce point, la coopération sera "très difficile", a clairement averti Barack Obama, signifiant que la position américaine sur le dossier n'avait pas bougé. "Si leur priorité est d'attaquer l'opposition modérée qui pourrait faire partie d'un futur gouvernement syrien, la Russie n'aura pas le soutien de notre coalition", a-t-il expliqué [France24/AFP].

L'échange avec Angela Merkel prévu ce soir ne s'annonce pas non plus très prometteur, juge Le Parisien (avec AFP) : "l'Allemagne ne semble pas prête à vouloir s'engager davantage dans la coalition internationale qui lutte depuis septembre 2014 contre l'expansion de Daech en Irak d'abord, puis, pour quelques-uns des partenaires de cette coalition, en Syrie".

Depuis quatorze mois, poursuit le site du quotidien, "l'Allemagne a choisi d'envoyer des armes aux (…) forces kurdes qui luttent sur le terrain contre l'EI, mais elle a refusé d'engager des moyens aériens. Comme si Merkel et/ou son gouvernement de coalition ne croyaient pas à l'efficacité de cette méthode".

En revanche, "la chancelière a lancé son ministre des Affaires étrangères dans un marathon diplomatique depuis la fin de l'été pour mettre un terme au conflit civil qui gangrène la Syrie", tandis que "la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen a annoncé [ce matin] devant la commission défense du Bundestag sa volonté d'envoyer 650 soldats allemands... au Mali, afin de soulager la France sur le front du terrorisme" [Le Parisien/AFP].

François Hollande rencontrera ensuite le président russe demain. Si "la destruction d'un avion de combat russe, abattu mardi à la frontière turco-syrienne par la Turquie, pays membre de l'Otan, n'arrange pas [ses] affaires" [Le Parisien/AFP], la Russie s'est néanmoins dit prête, ce matin, à "constituer un état-major commun" incluant notamment les Etats-Unis, la France et même la Turquie [FranceTV].

Un pas vers la formation de cette coalition tant souhaitée par le président français ?

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