Derniers articles publiés

Espionnage : l’Allemagne aurait-elle trahi l’UE ?

Revue de presse 30.04.2015

Après des révélations dans la presse, le gouvernement d’Angela Merkel se trouve au cœur d’une véritable tempête politico-médiatique : les services secrets allemands auraient espionné non seulement des entreprises européennes, mais aussi et surtout des dirigeants français et européens pour le compte des Etats-Unis.

Angela Merkel

C’est un véritable scandale à Berlin : Le Monde explique que les services secrets allemands, accusés il y a quelques jours d’avoir surveillé pour les Etats-Unis des entreprises européennes, ne se seraient pas arrêtés là et auraient également espionné "des officiels français et européens pour le compte de la NSA". Ainsi, le palais de l’Elysée, le ministère des Affaires étrangères et la Commission européenne auraient été mis sur écoute par les services de renseignements allemands, le BND (Bundesnachrichtendienst).

C’est du moins ce qu’a révélé le journal allemand Die Süddeutsche Zeitung hier soir sur son site internet.

Selon le quotidien, cette affaire d'espionnage - qui a débuté en 2008 - est  certes industrielle, mais L’Express insiste sur le fait que "le cœur [du problème] est l'espionnage politique des voisins européens et des institutions de l'Union européenne".

Les Echos rapportent que le gouvernement allemand dément avoir participé à l’espionnage de la France. Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs déclaré qu’il ne disposait pas "d’informations concernant un prétendu espionnage économique par la NSA ou d’autres services américains dans d’autres pays".

C’est une affaire bien embarrassante pour le gouvernement allemand, et les médias outre-Rhin (notamment les journaux Spiegel et Bild) estiment que ce démenti n’est qu’un mensonge éhonté.

En effet, Thomas de Maizière, l’actuel ministre de l’Intérieur, était à l’époque chef de la Chancellerie, l’administration qui rassemble tous les services de la Chancellerie. Sa mission étant de coordonner le travail des différents ministères et de gérer le Service fédéral de renseignement, il semble peu probable que M. de Maizière n’ait pas été au courant de ces écoutes.

Ce dernier tente d’esquiver en rappelant le caractère confidentiel du dossier, et refuse à ce titre de s’exprimer publiquement sur le sujet.

En outre, ajoutent Les Echos, "en mars dernier, le BND aurait tenté d’alerter la chancellerie des dérives de sa coopération avec la NSA".

Le jugement d’Euronews est en tout cas sans appel : "dans le dossier des écoutes de la NSA, personne n’est ni tout noir ni tout blanc".

La presse française ne se prive pas d’ironiser sur la situation : la chancelière allemande Angela Merkel s’était offusquée en 2013, après les révélations d’Edward Snowden sur le système de surveillance internationale de la NSA, que son pays ait été la cible de l’espionnage américain. Elle avait même déclarée : "L’espionnage entre amis, cela ne va pas du tout".

Les Echos rétorquent qu’"espionner la France, une proche amie de l’Allemagne s’il en est […] au service de son ami américain n’est pas non plus du meilleur goût".

Les autres sujets du jour

Concurrence

Pays de l'UE