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Espionnage et politique migratoire au programme du Conseil européen

Revue de presse 25.10.2013

Ce devait être un sommet "de routine", consacré notamment à l'économie numérique. Mais les révélations de ces derniers jours concernant la surveillance américaine à la tête des Etats européens, notamment en France et en Allemagne, ont changé la donne [Le Monde].

 

Merkel et Hollande

L'indignation est générale note Le Figaro. Au lendemain de la révélation de possibles écoutes du téléphone portable d'Angela Merkel par les services de renseignements américains, les responsables politiques allemands réclament des explications. "L'espionnage entre amis, cela ne va pas du tout", a déclaré la chancelière à son arrivée au sommet européen. Il est "trop tard" pour des excuses, a déploré le ministre de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich

Une information qui intervient quelques jours après les révélations du quotidien Le Monde sur l'espionnage mené par les Américains en Europe, et notamment en France. François Hollande et Angela Merkel, qui se sont entretenus avant le début du sommet, sont sur la même ligne : "Ils ont exprimé le caractère inacceptable de cette situation et la nécessité de sortir de cette période", indique une source diplomatique française à l'envoyé spécial du Monde.

Parmi les autres dirigeants ayant réagi, l'Italien Enrico Letta a demandé "toute la vérité", tandis que le Belge Elio Di Rupo réclamait des "mesures européennes" contre "cet espionnage systématique". Le Premier ministre britannique, David Cameron, ne s'est pas exprimé devant la presse à Bruxelles, contrairement à son habitude, indique Le Point. Le président de la Commission, José Manuel Barroso a, quant à lui, qualifié les pratiques d’espionnage de la NSA de "totalitarisme", rapporte Challenges

Libération indique que même si les questions de renseignements relèvent de chaque Etat, et non de l’UE, plusieurs pays, notamment la France, veulent profiter du scandale pour faire avancer la proposition de la Commission européenne concernant la protection des données, sur laquelle les Européens butent depuis des mois.

Bruxelles veut que les grands groupes de l’Internet obtiennent le consentement préalable des personnes pour l’utilisation de leurs données personnelles, sous peine d’amendes.

De son côté, le Parlement européen s’est montré plus hardi note Les Echos en demandant mercredi à la Commission européenne de suspendre l’accord Swift UE-USA sur le transfert de données bancaires, signé dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme. Mais la Commission a refusé, rappelant qu’elle ne disposait d’aucune preuve que le texte signé en 2010 ait été violé et qu’elle attendait des "garanties écrites" qu’elle a réclamées à Washington.

Le conseil ne devrait pas suivre non plus cette requête. De même les négociations sur l’accord de libre-échange transatlantique ne devraient pas être touchées par ce nouvel épisode "d’espionnite américain" affirme Les Echos. Le "Merkelgate" aurait pu pousser les Vingt-huit à accélérer le calendrier de la réforme sur la protection des données, mais le texte continue de susciter les réserves du Royaume Uni qui redoute une surcharge administrative pour ses entreprises.

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