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Emmanuel Macron, ambassadeur de l'Europe en Chine ?

Revue de presse 09.01.2018

Le président français est en visite d'Etat en Chine du 8 au 10 janvier. Se présentant comme un ambassadeur de l'Europe, il y a défendu la coopération sino-européenne tout en mettant en garde contre les velléités hégémoniques de Pékin.

Emmanuel Macron lors de son discours à Xian

Emmanuel Macron lors de son discours à Xian - Crédits : Emmanuel Macron Twitter

Reconduction de Xi Jinping en Chine : "un moment politique important pour l'Europe"

Emmanuel Macron s'est rendu en Chine lundi 8 janvier pour rencontrer son homologue chinois Xi Jinping. Il doit y rester jusqu'au mercredi 10 janvier, le sommet entre les deux présidents ayant lieu le mardi.

Cette visite d'Etat a débuté "symboliquement" dans le nord du pays à Xian, "ancienne capitale de l’empire chinois qui fut le point de départ de la route de la soie" [Le Point]. "Lyrique parfois", Emmanuel Macron y a prononcé un discours dans lequel il a notamment abordé les relations sino-françaises, la lutte contre le réchauffement climatique et le multilatéralisme [Le Parisien].

"Le monde est une étoffe de soie fragile"

"Le monde est une étoffe de soie fragile dont l'Europe et la Chine tiennent les deux bouts", a ainsi déclaré M. Macron [Le Parisien], qui défend ainsi "une alliance franco-chinoise pour 'l'avenir du monde'" [La Tribune]. Le président français a également affirmé que "la France se transforme en profondeur et, avec elle, c'est l'Europe qui est de retour pour construire une coopération équilibrée avec la Chine".

Emmanuel Macron peut ainsi "légitimement se présenter comme ambassadeur du reste de l'Europe", poursuit l'hebdomadaire économique, car "les autres grandes puissances européennes [sont] chacune engluées dans une situation domestique compliquée". Un rôle mis en avant par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, selon qui "c'est le moment Macron, même en Chine ! Les Chinois sont à la recherche d'un partenariat stratégique en Europe. Et aujourd'hui, en Europe, c'est Macron !".

Nouvelles routes de la soie

Emmanuel Macron a par ailleurs évoqué le projet chinois de "nouvelles routes de la soie", visant à développer les exportations chinoises au travers de la "construction de routes, ports, voies ferrées et parcs industriels à destination de l’Europe et même au-delà" [La Nouvelle République]. Traversant le continent asiatique pour atteindre l'Europe, le projet "doit couvrir 65 pays, pour des investissements de plus de 1 000 milliards de dollars".

"La France et l’Europe (…) [doivent être] au rendez-vous offert par la Chine" [Euractiv], a déclaré le président français tout en mettant en garde Xi Jinping : ces axes "ne peuvent être les routes d’une nouvelle hégémonie qui viendrait mettre en état de vassalité les pays qu’elles traversent" [Libération]. En réponse, son homologue a rétorqué que la Chine connaissait "la différence entre hégémonie et suprématie" [Le Parisien].

Fin de la "naïveté"

Pour France Inter, l'objectif de cette visite est de "'rééquilibrer' les relations économiques" entre la Chine et l'Europe. En effet, la direction générale du trésor rappelle que "la France et plus largement l'Union européenne 'ne bénéficient pas du même niveau d'ouverture en Chine que leurs homologues chinois sur le marché français et européen'". Le président Macron s'en est fait l'écho dans son discours, en appelant à définir "les secteurs où nous pouvons coopérer et ouvrir de part et d’autre nos marchés, et ceux où nous ne voulons pas le faire".

La France, comme le souligne France Inter, souffre en effet "d'un déficit commercial de 30 milliards d'euros avec la Chine, [mais] est pourtant le premier employeur européen" en Chine, tandis que "l'Allemagne [y est] le premier investisseur européen" et que "les investissements européens ont doublé entre 2002 et 2015".

Par ailleurs, note Le Monde, pendant qu'Emmanuel Macron officie pour raviver les relations sino-européennes, "la présence des Chinois à Bruxelles se fait discrète, mais croissante". Car Pékin "a aussi pris conscience de la nécessité d’investir le cœur de la machine communautaire" et "investit de plus en plus dans les opérations de lobbying". Objectif : faire face à la multiplication des dispositions réglementaires pour protéger l'Europe des visées expansionnistes chinoises.