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Elections régionales et municipales en Italie : Renzi est puni

Revue de presse 02.06.2015

Dimanche dernier, les citoyens de sept régions italiennes se sont rendus aux urnes à l'occasion des élections régionales et municipales. Si les résultats sont en apparence positifs pour le parti au pouvoir, ils marquent en réalité un "avertissement" des Italiens à l’encontre de la politique actuellement menée.

Matteo Renzi

Les résultats de ce scrutin donnent le Parti démocrate, actuellement au pouvoir, vainqueur puisque, selon Euronews, il a remporté cinq régions sur les sept appelées à voter. Malgré ce résultat, La Croix ne manque pas de noter un "succès en trompe-l’œil", Libération parle d’une "victoire en demi-teinte", tandis que Le Monde annonce "une première alerte électorale pour Matteo Renzi", le président du Conseil italien.

En effet, on constate en premier lieu que le nombre total de voix recueillies par le parti au pouvoir a baissé : tandis que les suffrages atteignaient 40% il y a un an lors des élections européennes, ils sont aujourd’hui à 22,5%. Le Parti démocrate a en outre perdu la Ligurie, une région traditionnellement à gauche qui a été remportée par Forza Italia, le parti conservateur de Silvio Berlusconi. Un véritable "revers" [Libération] et un "choc politique" [La Tribune] pour le centre-gauche italien.

Pour Le Point, la situation est claire : si  le chef du gouvernement Matteo Renzi maîtrise la politique nationale à Rome, "il n’a pas le contrôle de son propre parti dans les régions". Le Monde confirme en expliquant que certains candidats du Parti démocrate étaient soit mêlés à une affaire de corruption, soit dissidents.

Le journal estime que ces résultats "décevants" sont une leçon pour le parti de M. Renzi qui s’en retrouve "affaibli". Ce serait un désaveu de la politique de réformes du gouvernement de la part de l’électorat de gauche. Avec un taux de chômage qui ne diminue pas, M. Renzi peine à convaincre et ce, malgré une croissance en hausse. Bref, c’est pour Le Figaro un "avertissement électoral".

Comme le souligne Euronews, le taux de participation à ces élections n’a atteint que 54%, ce qui est relativement faible. Un score "qui pourrait traduire le sentiment de désillusion de nombreux électeurs après une campagne plutôt dominée par des affaires de corruption et des querelles partisanes".

Toutefois, certains tentent de nuancer la situation. L’analyste italien Franco Pavoncello interrogé par Euronews a déclaré : "Ce n’est pas vraiment significatif pour le gouvernement Renzi. Selon moi, à ce stade, le gouvernement Renzi a un rôle à jouer en termes de réformes au niveau national, qu’aucun autre parti, aucune autre coalition n’est en mesure de jouer à ce jour".

Le Monde ajoute que l’opposition italienne est un "vaste chantier" qui peine à s’imposer vraiment.

Malgré tout, cette opposition est en train de se composer autour de partis émergents. Pour Les Echos, les élections régionales marquent "une double percée des populismes". Le parti d’extrême-droite La Ligue du Nord rassemble l’électorat de droite déçu par Berloscuni, tandis que le mouvement Cinque Stelle rassemble des voix à gauche au point de dépasser dans certaines régions la barre des 20%.

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