Derniers articles publiés

Elections législatives en Turquie : Recep Erdogan gagne son pari

Revue de presse 02.11.2015

Les électeurs turcs ont voté en masse hier lors des élections législatives anticipées. A l'initiative du parti du président islamo-conservateur turc (AKP), ce scrutin avait pour objectif premier de récupérer la majorité absolue au sein du Parlement. Objectif atteint pour le parti majoritaire, qui n'obtient cependant par suffisamment de sièges pour réviser la Constitution.

Istanbul, Turquie, 27 mai 2015

Le 7 juin dernier, lors des élections législatives régulières, "l'AKP avait recueilli 40,6% des voix et avait été privé de sa majorité gouvernementale, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2002" rappelle L'Humanité. Le Monde ajoute qu'à la suite de ces élections, "l’AKP avait échoué à former un gouvernement de coalition et convoqué des élections anticipées".

Un pari qui semblait risqué. Jusqu'à la fin de semaine dernière, la grande majorité des sondages misait sur un résultat similaire à celui de cet été, où le Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) avait percé.

Ce dimanche, l'AKP a "rassemblé 49,3% des suffrages et raflé 316 des 550 sièges de députés au Parlement" rapporte Le Figaro, qui précise que le "principal parti pro-kurde de Turquie a réussi d'extrême justesse à conserver des sièges en récoltant 10,4%".

C'est un succès inattendu pour Recep Tayyip Erdogan dont la formation obtient la majorité absolue. "Cependant, le parti reste sous la barre des 330 sièges dont il aurait besoin pour voter seul une modification de la constitution, voulue par [le chef de l'Etat], qui lui accorderait des pouvoirs étendus à la présidence" [Le Monde]. Lors de la perte de la domination au Parlement en juin, les élections portaient principalement sur le renforcement des pouvoirs du président turc.

Les Echos rapportent que "Recep Tayyip Erdogan a estimé que les électeurs turcs ont fait le choix de la stabilité et de la confiance". Le Monde évoque un "discours apaisant" qui tranche "avec la stratégie de tension de l’AKP durant la campagne, qui a fait craindre le débord de la guerre civile syrienne en Turquie et le retour aux années noires de la guerre civile au Kurdistan".

Une opinion appuyée par Courrier international qui analyse une "campagne tendue marquée par ces violences, [durant laquelle] MM. Erdogan et Davutoglu se sont posés en sauveurs, sur le thème 'l'AKP ou le chaos'". Les Echos font également allusion à un "vote de la peur", tandis que Le Point livre une enquête sur "les Kurdes de Cizre [qui auraient voté] sous la menace".

A la suite de la diffusion des premières estimations de résultats, cette tension a éclaté dans certaines zones du sud-est de la Turquie. "Les incidents ont débuté près du siège du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde)" rapporte Libération. "La police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau" précise Le Point.

Libération revient à cette occasion sur les rapports conflictuels opposant le pouvoir en place aux médias turcs. "Turquie : la presse dans le viseur d’Erdogan" titre le quotidien, avant d'ajouter que le gouvernement "intensifie ses efforts pour intimider les journalistes".

Autre réaction internationale à ces élections, "la livre turque et la Bourse d’Istanbul ont salué lundi matin cette victoire surprise du parti du président islamo-conservateur d’une très forte hausse", rapportent Les Echos.

Les autres sujets du jour

Diplomatie, Défense

Recherche & innovation