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Elections législatives britanniques : affaiblie, Theresa May doit former un nouveau gouvernement

Revue de presse 09.06.2017

Theresa May a perdu son pari. Vendredi 9 juin, le parti conservateur britannique est arrivé en tête des élections législatives convoquées avec trois ans d'avance, sans pour autant parvenir à conserver sa majorité absolue à la Chambre des communes. Un désaveu pour la Première ministre qui souhaitait un "mandat clair" et une majorité renforcée pour aborder les négociations sur le Brexit. Theresa May doit se rendre à Buckingham Palace à 12h30 (heure locale) afin de rencontrer la reine et demander à former un nouveau gouvernement.

Unes du Telegraph et du Guardian sur les élections législatives britanniques du 8 juin 2017

Un "hung parliament"

"C'est un revers pour Theresa May", assène L'Express. "Annoncées comme une promenade de santé", les élections législatives du jeudi 8 juin, marquées par un taux de participation record de 68,8%, ont débouché sur la perte de la majorité absolue des conservateurs à la Chambre des communes [LCI]. D'après les derniers résultats publiés ce matin, les Tories auraient en effet obtenu "au moins 315" sièges, alors que la majorité absolue est fixée à 326. Les travaillistes, menés par Jeremy Corbyn, auraient quant à eux remporté 261 sièges, soit 31 de plus qu'aux dernières élections en 2015 [Le Monde].

Face à cette déconvenue, pour gouverner, les conservateurs devraient choisir de s'appuyer sur le DUP, le parti unioniste d'Irlande du Nord qui a obtenu 10 sièges, annonce The Guardian.

Triomphe en revanche pour le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, ex-militant syndicaliste de 68 ans, qui parvient à déstabiliser un parti conservateur annoncé largement gagnant il y a encore quelques semaines. "M. Corbyn a redéfini les paramètres du possible. Il a démontré que le Labour peut réussir en défendant ce à quoi il croit vraiment plutôt que de tendre vers le centre". "L'ère Blair est véritablement arrivée à son terme le 8 juin", analyse The Economist.

Le désaveu de Theresa May

"La Grande-Bretagne vote pour le chaos", juge quant à lui Le Telegraph. "Catastrophique", "erreurs de campagne fondamentales"... la Première ministre Theresa May a essuyé une pluie de critiques ce matin, et ce même dans son propre camp. "Nous avons saboté notre propre campagne (…), nous ne nous sommes pas tiré une balle dans le pied, mais dans la tête", a notamment déclaré Nigel Evans, député tory regrettant l'absence du thème 'Brexit' durant la campagne. Malgré de fortes pressions au sein de sa propre famille politique mais également de ses opposants, Theresa May a choisi de se maintenir. Dans un discours proclamé vers 4 h 30 du matin, elle a déclaré que le pays a "besoin d’une période de stabilité" [Le Monde].

La défaite de Theresa May menace également de troubler les négociations sur le Brexit. "Ça ne s'est vraiment pas passé comme prévu" (…)"Madame May, qui devait être confortée, a perdu son pari. Elle est donc dans une situation moins simple", a déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières [Le Figaro]. De son côté, Donald Tusk, président du Conseil européen, a adressé une série de mises en garde contre une absence d'accord sur le Brexit. "Nous ne savons pas quand les discussions sur le Brexit vont commencer, mais nous savons quand elles doivent finir. Faites de votre mieux pour éviter un 'no deal' (absence d'accord) comme conséquence 'd'absence de négociations', a-t-il déclaré sur Twitter.

Le parti nationaliste écossais en perte de vitesse, la livre sterling chute

Le Scottish National Party, conduit par Nicola Sturgeon, a également essuyé un sérieux camouflet à l'occasion de ces élections. Selon les dernières estimations, le SNP n'obtiendrait que 35 sièges de députés à la chambre des Communes soit 21 de moins que dans le Parlement sortant. Un résultat catastrophique qui ferait des nationalistes écossais "les plus grands perdants" de ce scrutin [Les Echos].

"'C’est assez catastrophique, c’est une très mauvaise nouvelle pour Nicola Sturgeon [la Première ministre écossaise] et sa revendication d’un deuxième référendum' sur l’indépendance de l’Ecosse", estime Iain Begg, enseignant-chercheur attaché à l'Institut européen de la London School of Economics [Le Monde].

La livre sterling a également été "mise sous pression" vendredi, "anticipant la perte par les conservateurs britanniques de la majorité absolue au Parlement" [Le Figaro]. Dès l'annonce des projections de vote jeudi à 21h (heure locale), la livre est tombée à 1,2709 dollar, son plus bas niveau depuis avril, contre 1,2950 quelques minutes plus tôt, soit un recul de près de 2%, explique le journal.