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Elections législatives au Royaume-Uni : Jour J pour Theresa May

Revue de presse 08.06.2017

Les Britanniques sont appelés aux urnes ce jeudi 8 juin pour des élections législatives anticipées voulues par la Première ministre Theresa May en vue des négociations sur le Brexit. Si cette dernière ne pensait prendre aucun risque en se lançant par surprise dans une campagne éclair, les récents événements, dont les deux attentats survenus à Londres et à Manchester, pourraient changer la donne.

Une Le Figaro

Jour de vote en Grande-Bretagne

"La continuité avec Theresa May ou la révolution avec Jeremy Corbyn ?", s’interroge RTL. Ce jeudi 8 juin, de 7h (heure locale) à 22h, 47 millions de Britanniques sont appelés aux urnes pour des élections législatives cruciales en vue des négociations sur le Brexit. Un scrutin qui a été déclenché "trois ans avant le terme de la législature par la Première ministre conservatrice Theresa May, qui espère obtenir une majorité renforcée" en vue du début des négociations, prévu officiellement le 19 juin, explique Le Point.

Le mode de scrutin britannique est uninominal à un tour, appelé aussi 'first past the post' [La Tribune]. Contrairement à la France, c’est le candidat ou la candidate qui remporte le plus de voix dès le premier tour qui devient l'un des 650 membres de la Chambre des communes.

C’est le 18 avril dernier que la locataire du 10 Downing Street avait créé la surprise "en plein débat sur les contours du Brexit, en annonçant des élections législatives anticipées", rappelle Le Figaro. A cet instant Theresa May "ne voulait prendre aucun risque" et comptait profiter d’un contexte qui "ne pouvait être plus favorable" [Le Monde]. En effet, le Labour était "moribond", dirigé par un "dinosaure impopulaire et inaudible", tandis que "les conservateurs se tenaient au garde à vous devant cette Première ministre de combat, partisane d’un ‘hard Brexit’", analyse le journal.

Cependant, à quelques heures des résultats, les Tories donnés auparavant largement en tête par les sondeurs face aux travaillistes ont vu fondre leur avance. "Quand elle a convoqué ces élections, Theresa May devançait de 20 points ses adversaires travaillistes dans les intentions de vote. Selon une étude Survation publiée dimanche, cette avance serait tombée à 1 point", précise Le Figaro. Un revirement de situation qui serait dû à plusieurs erreurs commises par Theresa May durant la campagne.

"Faible et tremblante"

Selon L’Express, les conservateurs auraient fait une première erreur en choisissant de mener "une campagne très personnalisée autour de la Première ministre" alors que cette dernière n’est arrivée au pouvoir "qu'à la faveur de la démission de David Cameron". Ensuite, Theresa May a vu "sa cote s’effriter" au moment de son rétropédalage sur une mesure de son programme qui menaçait de remettre en cause les modalités de la protection sociale des personnes âgées [Le Point]. Une marche arrière précipitée en contradiction avec la stratégie de la Première ministre de faire campagne sur un "leadership fort et stable".

Et une démarche également mise à mal par trois attentats perpétrés sur le sol britannique ces trois derniers mois et qui ont entraîné la mort de 35 personnes. A cet égard Mme May a été vigoureusement critiquée pour avoir décidé de la suppression de 20 000 postes de policiers alors qu’elle était ministre de l’Intérieur. Depuis, la cheffe du gouvernement tente de "durcir le ton" et "promet tour de vis sur tour de vis", mais c’est sans compter sur la côte de popularité en hausse dont bénéficie son principal adversaire Jeremy Corbyn [RFI].

"Corbynmania"

Jeremy Corbyn, candidat de 68 ans et membre de l’aile gauche du Parti travailliste britannique s’oppose en effet au "Brexit dur" de Theresa May et souhaite "adopter un ton plus conciliant" avec Bruxelles, explique Le Point. Il souhaite conserver, par exemple, un accès au marché unique.

S’il était jugé par certains comme inaudible, ce vétéran de la politique a su étonner durant la campagne et ce jusqu’au "sein de son propre parti, dont 80 % des députés avaient tenté de le renverser,  convaincus que le Labour n'avait aucune chance de gagner avec 'Jezz' aux commandes", rappelle le journal. L’inconnue la plus déterminante de ce vote serait donc désormais selon Le Monde, le vote des jeunes "ultrafavorables au Labour".

Si le Labour de Corbyn réussit son pari et que Theresa May "ne parvient pas à obtenir la majorité à la Chambre des communes, les Tories devraient trouver un partenaire de coalition ou se résoudre à un gouvernement minoritaire. Dans les deux cas, ils aborderaient affaiblis les négociations avec Bruxelles » conclut Le Figaro.