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Elections législatives au Portugal : la droite reste en tête, mais perd la majorité absolue

Revue de presse 05.10.2015

C'est dans un contexte d'abstention record que se sont déroulées les élections législatives portugaises, hier. Malgré une politique d'austérité drastique menée depuis quatre ans, le parti de centre-droite du Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho, est arrivé en tête. Ce dernier, qui perd néanmoins la majorité absolue au Parlement, devrait pouvoir compter sur les dissensions des partis de gauche pour former un nouveau gouvernement, minoritaire.

Législatives portugaises 2015

Les Echos rapportent les propos du Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, une fois les résultats annoncés : "Notre victoire est incontestable", a-t-il proclamé, avant de se déclarer "aussitôt prêt à former le nouveau gouvernement, associé à son partenaire minoritaire, le CDS (conservateur)".

Certes, "la coalition sortante de centre droit a remporté les élections législatives avec 38,6 % des voix contre 32,4 % pour l'opposition socialiste, mais a perdu sa majorité absolue au Parlement" [Challenges / AFP]. Une défaite de la gauche donc, "dans une élection marquée par une forte abstention (près de 45%)" [Courrier international].

Au terme de ces législatives, toutefois, les conservateurs portugais restent "loin du score de 50,4% obtenu par la droite en 2011, quand elle avait chassé du pouvoir le socialiste José Socrates" [L'Express]. C'est dorénavant "l’ensemble de la gauche [qui] disposera […] de la majorité des sièges au Parlement et, si elle dépassait ses divisions historiques, pourrait menacer la survie d’un gouvernement dirigé par la droite", analysent les Echos.

En absence d'alliés potentiels sur sa droite, Pedro Passos Coelho "devra composer avec un Parlement majoritairement à gauche", confirme L'Obs. Cependant, la droite pourra compter sur les dissensions marquées qui séparent les différentes formations de la gauche portugaise et qui pourraient l'empêcher de s'allier pour former un gouvernement.

En effet, "la sortie de l'euro exigée par le Parti communiste portugais, et la restructuration de la dette prônée par le Bloc de gauche sont des lignes rouges que le PS ne semble pas prêt à franchir", rapporte Le Point. Le Bloc de gauche est une formation apparentée au Syriza grec et qui a, pour la première fois, dépassé le Parti communiste allié aux Verts.

La prochaine étape sera de former un gouvernement. "Reconnaissant sa défaite électorale, le patron du PS, Antonio Costa, a laissé entendre qu’il ne ferait pour l’instant pas obstacle à la formation d’un exécutif minoritaire de la droite" [La Croix].

Conscient de la nécessité d'un gouvernement de compromis, le Premier ministre reconduit a d'ores et déjà "tendu la main au Parti socialiste" [Le Point].

Le Monde précise qu'aucun "gouvernement sans majorité parlementaire claire n’est allé au bout de son mandat depuis la restauration de la démocratie, en 1974", un scénario qui pourrait se répéter à nouveau.

Après quatre années d'un "plan d'austérité drastique mis en place en mai 2011, l‘économie du Portugal a réussi à se ressaisir", rappelle le Figaro. Il sera néanmoins ardu d'assurer une gouvernance stable entre un centre-droit défenseur d'une nécessaire austérité et un Parti socialiste qui devrait se contenter "de 'surveiller' un gouvernement de droite minoritaire et à sa merci". Une hypothèse soulevée par Euractiv, qui estime que "c'est le pari du Premier ministre sortant qui a déclaré que 'plus de 70 % du Parlement adhérent aux règles de base de l'Europe'. Il va donc tenter de former un gouvernement minoritaire au nom de l'Europe".

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