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Elections européennes : le belge Paul Magnette pourrait mener la liste socialiste en France

Revue de presse 10.08.2018

Paul Magnette, figure socialiste belge, célèbre pour son combat contre le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), a confirmé mercredi 8 août avoir été sollicité par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, pour conduire la liste européenne du parti lors des élections de 2019. Pour l'heure, il n'a pas encore pris sa décision.

Paul Magnette

Paul Magnette. Photo : Flickr - Crédits : Francesco Alesi

"Paul Magnette pourrait emmener la liste socialiste en France", c'est du moins ce qu'a annoncé le quotidien belge Le Soir. Mardi 7 août, Le Figaro a révélé qu'Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, avait proposé à Paul Magnette, le bourgmestre de Charleroi, de devenir la tête de liste du parti lors des élections européennes de 2019. Une information confirmée mercredi par le principal intéressé. "L'ancien ministre-président de la Wallonie se dit flatté par la proposition. Même s'il refuse pour l'instant de dire s'il y donnera une suite favorable". En effet, Paul Magnette a expliqué que "sa priorité actuelle était l’élection municipale belge de 2019 et sa réélection". Ainsi, il se refuse à "statuer du jour au lendemain sur cette proposition flatteuse et il ne le fera qu’après avoir consulté son parti" [Le Monde].

D'après Les Echos, les socialistes français souhaiteraient  "rendre ses repères idéologiques à un parti déboussolé et sorti laminé des rendez-vous électoraux de l'an dernier". Pour eux, "Paul Magnette est aujourd'hui l'une des figures européennes qui peut incarner cette Europe qui ne se plie pas aux dogmes libéraux". Le socialiste belge s'était d'ailleurs fait connaître en "s'opposant vigoureusement au traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, le CETA, menaçant un temps son adoption par la Belgique". Sa nomination irait également dans le sens de la stratégie prévue par la rue de Solférino, qui milite actuellement pour que "la campagne soit européenne et pas seulement l'addition de campagnes nationales".

"Peu probable"

Sachant que M. Magnette est l'une "des rares [figures politiques] qui puisse incarner le renouveau d’une gauche moribonde" en Belgique, il "parait peu probable que le parti socialiste belge le laisse s’envoler vers un destin français". Un cadre du parti ironise à ce sujet dans Le Monde : "nos amis [français] ont beau être en difficulté et vouloir réussir le premier test électoral de l’après-présidentielle, il ne faut pas exagérer". De plus, étant donné que Paul Magnette est partisan d’une "stricte limitation des mandats publics, il devrait demander à son parti de modifier des règles qu’il a lui-même impulsées afin de pouvoir siéger à Strasbourg, tout en continuant à diriger sa ville". Autre difficulté, pour se présenter aux élections européennes, il faut impérativement "résider depuis six mois au moins" dans le pays dans lequel on se porte candidat, et M. Magnette ne vit pas en France [Le Monde].

Enfin, la Belgique "n'est pas la France, s'y faire connaître et comprendre par l'opinion demande du temps. Or du temps, le PS n'en a pas de trop" [Les Echos]. Cette situation à hauts risques est dangereuse pour le PS français qui doit "remonter la pente après ses déroutes électorales". Rien ne dit d'ailleurs "qu'il continuera de siéger dans l'hémicycle européen", commente le journal.  La mauvaise posture des socialistes  "ne favorise [d'ailleurs] pas les déclarations de candidatures pour conduire la liste du PS, poursuivent Les Echos. "À ce jour, seul Julien Dray s'est mis sur les rangs".

Un mercato socialiste européen ?

D'après Le Soir, Olivier Faure "veut organiser une sorte de gigantesque mercato pour ce qui concerne les candidats socialistes aux élections européennes", c'est-à-dire présenter des candidats de nationalités différentes dans tous les pays européens. À ce propos, le commissaire européen Pierre Moscovici a déclaré : "c'est une idée séduisante si le PSE [Parti socialiste européen] décidait de la généraliser, ce qui ne sera évidemment pas le cas. Sinon c'est un gadget qui évite de faire les nécessaires choix domestiques". Et il ajoute : "pour ma part j'exclus totalement d'y participer" [Le Figaro]. Néanmoins, le nom du commissaire européen circule "pour briguer la présidence du Parlement européen ou pour être le candidat des sociaux-démocrates aux élections européennes". "Pendant ce temps", déplorent Les Echos, "la gauche européenne se cherche toujours un dirigeant capable d’être sa tête de liste pour une éventuelle accession à la tête de la Commission de Bruxelles".