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Elections britanniques : un jour J très incertain

Revue de presse 07.05.2015

C’est aujourd’hui, jeudi 7 mai, que les Britanniques sont invités à se rendre aux bureaux de vote pour choisir leurs députés. Les deux grands partis traditionnels sont au coude à coude dans les sondages, et la presse française est unanime sur l’incertitude totale des résultats de ces élections.

Elections britanniques

"Indécis"  pour Libération, un scrutin "de toutes les incertitudes" et "au suspense total" pour Euronews, Le Monde, ou encore Le Figaro... Les médias français ne manquent pas de qualificatifs pour exprimer à quel point le résultat des élections britanniques est imprévisible.

Les Echos prévoient même déjà "un lendemain d’élections compliqué", tout comme La Croix qui prédit pour le pays un "réveil en pagaille".

De l’aveu même du candidat de gauche Ed Miliband, cité par Le Monde, "cela va être la compétition la plus serrée jamais vue".

Il est vrai que, selon tous les sondages, les travaillistes comme les conservateurs se disputeraient 32 % à 35 % des intentions de vote chacun, alors qu’ils "recueillaient plus de 95 % des suffrages" dans les années 1950, rappelle Le Monde.

Selon Libération, les électeurs britanniques sont "sont restés jusqu’au bout méfiants, peu convaincus par une campagne jugée terne, très négative et extrêmement contrôlée" et ce, malgré les efforts démesurés des deux grands candidats en lice.

Désespérés, le parti des Tories comme celui du Labour, incapables de convaincre par leur programme, appellent désormais au "vote tactique", rapporte le journal.

Malgré tout, de nombreuses publications estiment que c’est David Cameron, Premier ministre sortant, qui a le plus de chances de remporter la victoire : en plus de son bilan économique plutôt positif, "il jouit de la meilleure cote de popularité des grands dirigeants britanniques (44 % contre 38 % à Ed Miliband), a mené une campagne tambour battant et dispose de moyens largement supérieurs au Labour" [Le Monde].

Quoiqu’il en soit, Le Figaro est sans appel : tous les pronostics laissent penser que les résultats ne permettront à aucun des deux candidats principaux d’obtenir une majorité absolue, et La Croix rapporte que, déjà, "en coulisses, de frénétiques tractations ont lieu pour trouver des alliances". Ces élections législatives de 2015 sonnent le glas du bipartisme [Euronews].

En effet, "les chefs des petits partis [sont] très courtisés" [Le Figaro].

Et parmi eux, événement inattendu, c’est une femme qui se démarque et est devenue la star incontestée de cette campagne : la leader du parti indépendantiste écossais (SNP) Nicola Sturgeon. Déclarée "faiseuse de roi" par Libération qui lui consacre un portrait, son parti sera sûrement nécessaire aux travaillistes s'ils doivent former un gouvernement de coalition.

Le SNP a vu son nombre d’adhérents multiplié par 10 en quelques mois, depuis le référendum sur l'indépendance écossaise de septembre dernier, et devrait pour la première fois de son histoire obtenir plus de 50 sièges au Parlement, soit la quasi-totalité des sièges réservés aux députés écossais [Le Monde]. En position de force, le SNP pourrait bien être déterminant dans la formation d’une coalition.

Slate rapporte que Nicola Sturgeon a promis au travailliste Ed Miliband que son parti "[voterait] la confiance s’il accepte de mettre fin à l’austérité".

Mais pour La Croix, les indépendantistes écossais sont des "alliés encombrants des travaillistes à cause de leur détermination indépendantiste et anti-austérité".

Cependant, d’autres alliances sont possibles. Les Echos ainsi que Le Point voient plutôt les Libéraux-démocrates comme arbitres de ces élections : si les conservateurs obtiennent une majorité de sièges, "le plus probable serait le renouvellement de l’alliance avec les Libéraux-démocrates", précisant toutefois que l'"addition des députés tories et lib-dems pourrait ne pas suffire".

À l’inverse, si Ed Miliband arrive en tête du scrutin, "il pourrait lui aussi former une alliance avec les Lib-dems, qui n'ont fermé la porte ni aux Tories, ni au Labour".

Bref, comme le résume Libération, tous les paris sont possibles et "à moins d’une énorme surprise, les Britanniques devront attendre plusieurs jours avant de connaître le nom de leur futur Premier ministre et la couleur de leur gouvernement".

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