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Elections britanniques : Tony Blair sort de l’ombre

Revue de presse 08.04.2015

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair s’est exprimé mardi pour affirmer sa solidarité et son soutien envers le candidat travailliste Ed Miliband, dont les scores ne décollent pas à un mois des élections législatives.

Tony Blair

Son soutien est clair et sans équivoque. Le journal britannique The Guardian cite : "Je soutiens Ed Miliband à 100 %". Tony Blair approuve le combat du candidat contre les inégalités ainsi que la défense de la justice sociale.

Pour Libération, le parti travailliste "sort l’arme Tony Blair". L’ex-leader du ‘New Labour’ est en effet une figure de proue du parti et tient à "afficher l’unité".

En effet, le candidat Ed Miliband prône une politique orientée à gauche du Parti travailliste. Or, sa campagne pourrait laisser les partisans du New Labour (aile droite du Parti travailliste) bien hésitants dans leur vote. Le but est donc, selon le journal espagnol La Vanguardia, "d’attirer les indécis de droite".

Les Echos expliquent que, dans son discours, M. Blair a décidé d’attaquer le candidat conservateur David Cameron sur son "thème de prédilection" : l’Union européenne.

Il s’oppose en effet fermement à l’organisation, promise par les conservateurs, d’un référendum sur la sortie du pays de l’Union et a déclaré : "Je crois passionnément que quitter l’Europe diminuerait l’influence du Royaume-Uni dans le monde, causerait d’importants dommages à notre économie et irait à l’encontre des qualités et des ambitions qui nous distinguent toujours comme une grande nation mondiale". Pour lui, un tel scrutin n’est qu’une démarche populiste qui menacerait d’éclater la Grande-Bretagne.

Or, avoir le soutien de Tony Blair n’est peut-être pas une si bonne chose que cela et pourrait bien être un cadeau empoisonné.

Tout d’abord, Le Figaro considère que l’Europe est loin d’être au cœur des préoccupations des électeurs britanniques, plus soucieux de la situation économique et sociale de leur pays.

Ensuite, Les Echos rappellent que l’homme est très impopulaire au Royaume-Uni (59 % des Britanniques en ont une opinion défavorable). Il est perçu "comme un homme du passé, à la réputation entachée" à cause de la guerre en Irak. Il s’est en outre enrichi personnellement d’une manière très opaque et incarne, selon Le Figaro, "les dérives de la gestion financière du Labour qui a propulsé le déficit du pays à plus de 10 %".

Même si Tony Blair peut apporter une certaine légitimité politique à Ed Miliband, son appui apparaît comme peu opportun pour un candidat qui participe aux élections les plus serrées de l’histoire du Royaume-Uni.

Ce soutien est d’autant plus malvenu qu’Ed Miliband n’a eu de cesse, lors de son parcours politique, de se distancier de Tony Blair, analyse Le Figaro.

Le quotidien britannique The Independant est un des rares à considérer cette intervention comme positive pour la campagne travailliste : il salue le courage de l’ancien Premier ministre d’aborder le thème de l’UE et estime que si Ed Miliband veut glaner des voix en-dehors de son propre parti, seul Tony Blair pourra l’aider, car lui seul a été capable de le faire lorsqu’il était lui-même candidat aux élections.

The Guardian explique aussi que Tony Blair pourrait permettre à M. Miliband de s’attirer les faveurs des chefs d’entreprise, chose dont le candidat travailliste manque cruellement.

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