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Elections anticipées en Catalogne : forte mobilisation pour l'indépendance

Revue de presse 28.09.2015

Ce dimanche, les Catalans se sont déplacés nombreux à l'occasion d'élections régionales anticipées. Le résultat est tombé dans la soirée : la liste indépendantiste menée par le président sortant, Artur Mas, a remporté le scrutin, rapidement présenté par le gouvernement régional comme un plébiscite en faveur de l'indépendance. Une feuille de route est déjà établie pour les dix-huit prochains mois, même si l'indépendance de la Catalogne nécessitera de longues négociations tant avec Madrid qu'avec Bruxelles.

Catalans Vote In Regional Elections

La participation aux élections régionales anticipées en Catalogne a été particulièrement forte hier. 77,5% des Catalans se sont déplacés, appuyant l'importance de ce scrutin [Le Monde].

C'est la coalition indépendantiste Junts pel Sí qui est arrivée en tête, obtenant un peu moins de 40 % des voix et 62 sièges. Un score élevé, mais néanmoins insuffisant pour gouverner seule la région. Elle devra donc s'allier avec la seconde liste indépendantiste, du parti de gauche radicale et europhobe CUP, disposant de 10 sièges et de 8,2 % des voix. La majorité absolue des sièges serait donc acquise par les députés prônant l'indépendance, la CUP ayant affirmé qu'elle ne participerait pas au gouvernement mais ne freinerait pas le processus de sécession [La Tribune].

L'Humanité
relate les réactions des deux listes indépendantistes. "Nous avons gagné", revendique Artur Mas, quand Antonio Banos, leader de la CUP, tweete "A l'Etat espagnol, sans rancœur, adieu".

Avant même d'être élue, la liste Junts pel Sí, regroupant tous les partis favorables à l'indépendance, à l'exception de la CUP, s'était engagée à "réaliser une déclaration institutionnelle dès l’investiture de ses élus afin d’exposer officiellement son intention de déclarer l’indépendance. Après une première phase de la législature qui sera consacrée à la construction de 'structures d’Etat' permettant un transfert de souveraineté" [Le Monde].

L'objectif est annoncé clairement : "proclamer l’indépendance dans un délai de dix-huit mois", au "terme desquels les Catalans devront se prononcer sur le texte constitutionnel du nouvel Etat" [Les Echos / AFP].

Néanmoins le résultat ne doit pas nécessairement être interprété comme justifiant une sécession. Les indépendantistes ont obtenu une majorité de sièges, mais pas de voix. Leur large victoire ne peut donc être assimilée à un référendum d'autodétermination : une "majorité absolue de Catalans n'a pas voté pour eux", rappelle Le Monde.

Les indépendantistes sont néanmoins élus et ont l'intention de faire pression sur le gouvernement espagnol, vent debout contre l'indépendance, en conservant à l'esprit que les prochaines élections générales se tiendront en décembre.

Plusieurs analystes envisagent aujourd'hui dans la presse française le déroulement des prochains événements.

Pour Jean-Jacques Mevel du  Figaro, "l'indépendance de la Catalogne, si elle se produit, devrait d'abord être réglée dans le cadre espagnol, avec une Constitution nationale qui interdit a priori la sécession d'une partie du royaume. Mais à supposer que cet obstacle puisse être franchi, les textes européens ont le mérite d'être clairs".

Une analyse prolongée par La Croix, qui rapporte que "tous les analystes assurent qu’aucune négociation ne sera engagée d’ici aux élections générales espagnoles qui se tiendront au mois de décembre. Pour de nombreux observateurs, une solution serait d’aller vers une Espagne fédérale – ce qui pourrait être largement soutenu par les Catalans".

Cependant, les textes européens ne sont pas si "clairs" pour l'Express. Le maintien d'une Catalogne indépendante demeure une "grande inconnue". Comme le présente Euractiv, la situation est complexe. En effet, "la Commission a publié deux textes différents sur la question de son attitude en cas de déclaration d'indépendance de la Catalogne. Cette dernière, si elle a lieu, sera un véritable défi juridique". Une position pour le moins ambiguë, illustrant la volonté de son président, Jean-Claude Juncker, de rester éloigné des affaires nationales.

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