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Elections allemandes : Angela Merkel reconduite, vers une coalition délicate ?

Revue de presse 25.09.2017

Dimanche 24 septembre, la CDU d'Angela Merkel s'est imposée, mais avec un score décevant, lors des élections fédérales allemandes. Le SPD (centre-gauche) essuie quant à lui un revers historique, alors que le parti d'extrême-droite AfD s'offre une entrée fracassante au Bundestag. La question qui se pose désormais est celle de la coalition que va devoir mettre en œuvre la chancelière allemande pour gouverner.

Angela Merkel, chancelière fédérale allemande

Angela Merkel, chancelière fédérale allemande

Les grands partis en baisse

Hier, la CDU-CSU d'Angela Merkel s'est imposée avec 33% des voix. Comme le rapporte Arte, du propre aveu de la chancelière : "le score de son parti conservateur est 'décevant'". "La CDU a perdu plus de 7 points par rapport à 2013 et la CSU 1,4. Ils s'approchent de leur pire résultat : c'était en 1949 avec 31 %. Angela Merkel et sa grande coalition ont été sanctionnées par les électeurs", confirme Le Figaro. Toutefois, tempère le quotidien, la chancelière, avec ce quatrième mandat, partage maintenant le record de Konrad Adenauer et de Helmut Kohl.

Martin Schulz, "le grand perdant de la soirée", a vu son parti crédité de 20,5% des suffrages, soit "un score historiquement bas pour le SPD dans l'histoire d'après-guerre" [Arte]. Les sociaux-démocrates n'ont pas réussi à rassembler autour du thème de la justice sociale, leur cheval de bataille, dans "un pays en pleine croissance, avec un chômage au plus bas" [Arte].

Entrée fracassante de l'AfD

Le parti d'extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD), entre pour sa part au Bundestag en "s'install[ant] comme la troisième force du pays avec [12,6] %" [Le Figaro]. La Libre (Belgique) note que le parti "a remporté le plus de votes dans l'Etat de Saxe, à l'est du pays", obtenant "27% des voix en Saxe, dépassant de peu la CDU de la chancelière Angela Merkel". Réagissant à ce succès, Alexander Gauland, un des dirigeants du parti, a déclaré vouloir "pourchasser Angela Merkel" [Le Figaro].

"Ce score est un choc pour beaucoup d'Allemands", explique Le Parisien. L'AfD se voit en effet reprocher "un manque de distance avec les mouvements néonazis". Ces "bons scores électoraux" ont ainsi poussé de nombreux Allemands à manifester, "des centaines de personnes se sont réunies à Leipzig, à l'est du pays, ainsi qu'à Cologne, Hambourg et Francfort" [La Libre]. A Berlin également, "un millier de personnes étaient rassemblées sur l'Alexanderplatz […] scand[ant] 'allez vous-en'", là où l'AfD célébrait sa victoire [La Libre].

Numéro d'équilibriste

Derrière l'AfD arrivent les libéraux du FDP avec 10,7% des suffrages, la gauche radicale Die Linke avec 9,2% et enfin le parti écologiste Die Grünen qui obtient 8,9% des votes. Les libéraux réussissent donc leur retour au Bundestag, "dont ils avaient été chassés en 2013", rappelle Le Figaro . Les Verts ont quant à eux "réussi à capter les électeurs sociaux-démocrates déçus" ce qui leur a permis d'"amélior[er] leur résultat de 2013 (8,44 %)" [Le Figaro].

La question qui se pose désormais est celle de la future coalition qui devra permettre à la chancelière de gouverner. En effet, "le SPD de Martin Schulz (20,5% des suffrages) a d'emblée refusé de reconduire la grande coalition au pouvoir depuis 2013" au vu du revers subi [Arte]. C'est donc vers les libéraux et les verts que devrait se tourner Angela Merkel. Mais c'est un numéro d'équilibriste que s'apprête à jouer la chancelière tant "les divergences entre écologistes et libéraux sur l'avenir du diesel ou l'immigration s'annoncent très compliquées à gérer" [Arte].

Ces élections et la coalition qui sera mise en place vont avoir une grande importance en Europe. Le Monde souligne que le "retrait des sociaux-démocrates du SPD entraînera sans doute un changement de ton à Berlin sur la politique migratoire, les relations avec la Turquie ou les possibles réformes de l’Eurozone". Avec la poussée de l'AfD, "le dossier migratoire devrait s’inviter en premier à Bruxelles", l'Allemagne plaidant "depuis des mois pour une révision des règles d’accueil des réfugiés dans l’Union" [Le Monde]. De même, sur les questions de défense, Angela Merkel est sur la même longueur d'onde que Paris : "une 'coopération structurée permanente' pourrait être bientôt notifiée officiellement" [Le Monde].

De fait, en France le gouvernement a surveillé de près ces élections allemandes. "Emmanuel Macron rêve de former avec Angela Merkel un couple historique et fort" selon la journaliste Valérie Astruc de France 2. Pour François de Rugy, président de l'Assemblée nationale et soutien du président, il s'agit de "relancer l'Union européenne" [LCI].