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Elargissement : Visite d'Erdogan à Bruxelles sur fond d'inquiétude

Revue de presse 20.01.2014

En présence des présidents du Parlement européen et du Conseil européen, José Manuel Barroso recevra demain à Bruxelles le Premier ministre turc, Recep Tayip Erdogan, pour relancer le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne au point mort depuis trois ans [Les Echos]. Suite à la réforme du système judiciaire engagée par le gouvernement, accusé de corruption, la situation politique est plus que délicate en Turquie. Cette trame ne laisse rien présager de bon quant à l'avenir des relations entre l'Union européenne et Ankara, candidate à l'adhésion depuis 1987.

Erdogan et Van Rompuy

Si Libération évoque un "invité embarrassant" pour l'Union européenne, Les Echos soulignent également l'inquiétude de l'Union des marchés face à la réforme judiciaire que M. Erdogan souhaite voir adoptée. Le quotidien en ligne rapporte à ce propos le message de vendredi dernier de Nils Muizneks, commissaire européen des Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, mettant en garde le gouvernement turc contre une politisation de la justice.

La dérive autoritaire du gouvernement turc  préoccupe. Dani Rodrik replace les récents évènements dans le contexte de lutte politique pour le pouvoir entre le parti au pouvoir, l'AKP, et l'opposition, notamment le mouvement religieux Hizmet. Ce professeur à l'université de Princeton déplore ainsi qu'au milieu de ces affrontements "la démocratie turque sera perdante – au moins à court terme, jusqu'à ce que des forces véritablement démocratiques émergent" [La Tribune].

Cette crise politique n'est pas sans inquiéter Bruxelles, dont les avertissements sur la situation de l'Etat de droit ont reçu comme réponse de nouvelles purges au sein de l'appareil judiciaire. Ankara fait figure de mauvais élève devant le peu d'efforts fournis, mise à part une proposition de "geler" son projet de réforme judiciaire mais qui a été refusée par deux des trois partis d'opposition [Les Echos]. Recep Tayip Erdogan risque donc d'être accueilli "fraîchement" par MM. Schultz, Barroso et Van Rompuy, indique le journaliste Yves Bourdillon. Un climat peu propice à l'évolution des négociations sur l'adhésion turque à l'UE, pouvant même aller jusqu'à "marquer un nouvel enlisement des relations Turquie-UE" [Libération]. En visite les 27 et 28 janvier prochains à Ankara et Istanbul [Les Echos], le Président François Hollande devrait se livrer à un exercice diplomatique délicat.   

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