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Elargissement : les Vingt-Huit majoritairement contre l'adhésion rapide des Balkans occidentaux

Revue de presse 16.02.2018

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne sont réunis depuis le 15 février à Sofia pour un sommet informel. L'adhésion des pays des Balkans occidentaux à l'Union européenne est à l'ordre du jour, une semaine après que la Commission a dévoilé sa nouvelle stratégie pour l'élargissement.

Réunion informelle du Conseil de l'UE à Sofia

Les ministres des Affaires étrangères européens réunis à Sofia, en Bulgarie. Au centre : Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité - Crédits : Union Européenne

"Une priorité de l'Union européenne"

Les 15 et 16 février, les vingt-huit ministres des Affaires étrangères de l'UE sont réunis dans la capitale bulgare, le pays assurant la présidence tournante de l'Union. Les chefs des diplomaties nationales ont notamment abordé l'adhésion des Balkans occidentaux, qui "est désormais une priorité pour l'Union européenne" [Euronews]. L'Orient-Le Jour (Liban) indique que cette rencontre "s'inscrit dans le cadre de la préparation du sommet de l'UE sur les Balkans prévu mi-mai en Bulgarie où sera abordée la question de l'élargissement".

La semaine précédente, la Commission européenne révélait sa stratégie d'élargissement vers le sud-est de l'Europe. Une orientation qui "offre des pistes concrètes, notamment pour que l’État de droit redevienne une priorité majeure", mais reste qualifiée par Ouest-France d'"exercice d’équilibrisme".

Réticences

Il est vrai qu'au sein des Etats membres de l'UE, "la perspective d’un élargissement rapide à ces pays suscite une forte réticence, et c’est un euphémisme" [Libération]. D'après une source du quotidien, "il y a une claire majorité des Etats membres qui sont opposés à un nouvel élargissement". Seules "la Hongrie, la Slovaquie ou la République tchèque sont favorables à une adhésion rapide de ces pays". L'Obs juge également que "les Balkans sont la 'nouvelle Turquie', dont l'adhésion, aujourd'hui impensable, servait d'épouvantail il y a dix ans".

Tandis que pour le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó, la perspective d'une adhésion de la Serbie et du Monténégro en 2025 est aujourd'hui "trop éloignée", son homologue croate Karl Erjavec estime au contraire que cette date est "irréaliste" [L'Orient-Le Jour]. Et pour le ministre français Jean-Yves le Drian, "il est clair que [Les Balkans occidentaux] ont vocation à entrer dans l'UE (...) c'est incontestable mais il est clair qu'il y a des conditions, des exigences et que le chemin pour y accéder est difficile".

La présidence bulgare, qui a fait de l'intégration des Balkans une de ses priorités, "veut donc séparer les deux aspects du 'paquet' de la Commission en renvoyant au sommet de juin la question des adhésions" [Libération].

"Les cicatrices sont toujours à vif"

Malgré la réticence de la majorité des Etats à une intégration rapide, l'élargissement semble nécessaire à Bruxelles. L'Obs explique que "plus de deux décennies après la fin [des guerres d'ex-Yougoslavie], cette région n'a toujours pas trouvé son équilibre, ni politique, ni économique, ni même dans ses frontières et ses recompositions". Ce territoire où "les cicatrices sont toujours à vif" reste une "poudrière" [Libération]. De nombreux conflits nourris par "un nationalisme virulent" demeurent, par exemple la reconnaissance du Kosovo par la Serbie.

Par ailleurs, des influences étrangères "déjà très actives" sont présentes sur place : "la Russie, la Turquie [et] l’Arabie Saoudite" ont ainsi "beaucoup investi dans cet espace convoité" [Ouest-France]. Une raison de plus pour Péter Szijjártó de déplorer que l'Union "avance [trop] lentement sur la question des Balkans occidentaux" par rapport à ses concurrents [Euronews].

Du côté des journalistes, Laurent Marchand considère dans Ouest-France que "supprimer la perspective d’adhésion à l’UE, c’est garantir le retour de l’instabilité. Voire de la guerre, à terme". Mais comme le souligne Jean Quatremer dans Libération, "une réforme préalable de l’UE" est indispensable "pour éviter qu’elle ne s’effondre sous son propre poids". C'est pour ces raisons que Pierre Haski plaide dans L'Obs pour que l'Union européenne "se réinvent[e]" et propose "un avenir commun, d'une manière ou d'une autre, à ses voisins balkaniques".

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