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Duel Le Pen-Macron : deux visions irréconciliables sur l'Europe

Revue de presse 25.04.2017

C'est un match entre deux projets radicalement opposés sur l'Europe qui attend les Français, le 7 mai, à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle. D'un côté Marine Le Pen, qui fait campagne sur une sortie de l'Union européenne et de l'euro. Et de l'autre Emmanuel Macon, qui s'est positionné comme le plus européen des onze prétendants à l'Elysée. Plutôt soulagée après les résultats du premier tour, Bruxelles retient toujours son souffle.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Election présidentielle 2017 : quelle place pour l'Europe ?

"Frexit" ou "nouveau projet européen"

"C’est une opposition frontale", assène Le Monde. Emmanuel Macron "Européen libéral" et Marine Le Pen, candidate du "Frexit". Deux personnalités aux "philosophies profondément différentes" se sont qualifiées dimanche 23 avril pour le second tour de l'élection présidentielle, rappelle le journal. L'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, Emmanuel Macron, "a fait de l'ancrage de la France dans l'Union européenne une pierre angulaire de son programme", encourageant ses partisans "à brandir le drapeau européen dans ses meetings – alors que Marine Le Pen l'a fait enlever lors d'un entretien sur TF1" [Le Point].

Le candidat d'En Marche "défend une 'France forte dans une Europe forte'", résume France inter. Emmanuel Macron plaide en effet pour un "approfondissement de l'intégration européenne" passant par la nomination d'un ministre de l'Economie et des Finances de la zone euro ainsi que par la création "d'un Parlement de la zone euro" [BFM TV]. Ce dernier "aurait notamment vocation à voter un budget propre à la zone euro", précise le média. L'ancien ministre de l'Economie souhaite donc "aller vers plus d'Europe" et souligne la nécessité d'avancer "sur la convergence fiscale et sociale sur le Vieux Continent", commente Le Figaro. Pour ce faire, Emmanuel Macron parie sur le respect des règles budgétaires européennes ainsi que sur la relance de la croissance française. Deux éléments clés qui permettront, selon le candidat, de "convaincre l'Allemagne et le reste de l'Europe du Nord que la zone euro ne peut pas survivre sans davantage de solidarité entre États", analyse Le Point.

A l'inverse, Marine Le Pen, qui vient de se "mettre en congé" de la présidence du Front national pour "rassembler tous les Français", dénonce "la mondialisation sauvage" et la "dérégulation qui vient de Bruxelles", et souhaite négocier immédiatement la sortie du pays de l'euro et de l'espace Schengen [France inter]. Ces négociations auraient pour but de permettre le "retour aux souverainetés" de la France : "monétaire, législative, territoriale, économique" [BFM TV]. La députée européenne concentre notamment bon nombre de ses critiques sur l'euro qu'elle accuse "de tous les maux", résume Le Figaro. "Début janvier, Marine Le Pen jugeait que l'euro avait 'échoué' et avait eu 'des conséquences sur l'aggravation du chômage'". Quelques mois plus tard elle "enfonçait le clou" en déclarant sur le plateau d'Europe 1 : "l'euro est un boulet pour l'emploi, un boulet pour notre compétitivité, un boulet pour le pouvoir d'achat des Français", rappelle le journal.

Emmanuel Macron : une lueur d'espoir pour Bruxelles

Face à cette confrontation binaire sur les questions européennes et compte tenu de l'avance pour l'heure modeste d'Emmanuel Macron sur sa concurrente, l'heure n'est donc pas encore au soulagement du côté européen. L'ensemble des dirigeants "craignent, après le Brexit, l'impact qu'aurait une victoire de Marine Le Pen sur l'avenir de l'Europe", relate ainsi BFM TV. "Nous avons un deuxième tour qui est très clair et l’Europe est au milieu", a également déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières  [Ouest France].

Après le Brexit, la France a montré "un début de reflux des populismes sur le continent", en propulsant dimanche soir Emmanuel Macron, en tête lors du premier scrutin de l'élection présidentielle, jugent toutefois Les Echos. Et le candidat d'En marche pourra logiquement bénéficier du soutien des Européens.

"C’est bien qu'Emmanuel Macron ait eu du succès avec sa position pour une UE forte et une économie sociale de marché. Bonne chance pour les deux prochaines semaines", a notamment écrit, sur son compte Twitter, Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel [Ouest France]. "Bon courage pour la suite" s'est également empressé de déclarer le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, au candidat d'En marche.