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Drapeau européen : discorde autour de la bannière étoilée

Revue de presse 12.10.2017

Hier mercredi 12 octobre, l'Assemblée nationale a examiné et rejeté un amendement de la France insoumise proposant de retirer le drapeau européen de l'hémicycle. Face à cette nouvelle polémique et afin d'éviter qu'elle ne surgisse à nouveau, le président français Emmanuel Macron a promis de reconnaitre officiellement le statut de la bannière étoilée lors du prochain Sommet européen.

Hémicycle de l'Assemblée nationale

Hémicycle de l'Assemblée nationale

"Mano a mano sans fin"

Après des débats agités, l'Assemblée nationale a rejeté hier un amendement au projet de réforme du règlement du Palais Bourbon, qui proposait de retirer le drapeau européen présent au sein de l'hémicycle. Un amendement ajouté par le groupe de la France insoumise (LFI) qui spécifiait que "seuls [pourraient] être présents dans l'hémicycle le drapeau tricolore (...) et le drapeau de l'ONU". Selon le député Ugo Bernalicis (LFI), la bannière ne fait "pas consensus entre [les Français], surtout au regard du discours du président de la République sur l'Europe et sur la souveraineté européenne qu'il voudrait substituer aux souverainetés nationales" [RTL].

"Engagé dans un mano a mano sans fin avec Jean-Luc Mélenchon depuis le début de son quinquennat", le président de la République était au même moment "à l'Université de Francfort, en présence notamment de Daniel Cohn-Bendit "pour débattre sur l'Europe [L'Obs]. Il y a alors annoncé que "lors du prochain Conseil européen (…) [il affirmerait] officiellement que la France reconnaît le statut de l'Hymne européen et du drapeau européen" [Le Figaro]. Selon Emmanuel Macron, une telle déclaration empêcherait "certains d'enlever le drapeau européen de l'Hémicycle français ou de tout autre lieu" [L'Obs].

La polémique avait débutée le 20 juin, comme le rappelle Le Figaro. En arrivant au Palais Bourbon, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon s'était exclamé face au drapeau européen : "Franchement, on est obligé de supporter ça ? C'est la République française ici, pas la Vierge Marie". S'en est suivi l'amendement débattu et rejeté hier, confirmant un précédent rejet "la semaine dernière en commission" [L'Obs].

L'ancien député européen a rétorqué qu'Emmanuel Macron n'avait pas "le droit d'imposer à la France un emblème européen confessionnel. Il n'est pas le sien et la France a voté contre son adoption sans ambiguïté", en référence aux résultats du référendum sur la constitution européenne de 2005 [L'Express]. Pour Jean-Luc Mélenchon, le "vote du Parlement français est indispensable" pour la reconnaissance de la déclaration 52 du traité de Lisbonne, que s'est engagée à signer Emmanuel Macron.

Déclaration 52 du traité de Lisbonne

Cette déclaration annexe au traité, citée par Le Soir (Belgique), dispose que "le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu, l’hymne (…), la devise 'Unie dans la diversité', l’euro (…) et la Journée de l’Europe le 9 mai continueront d’être les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’UE et de leur lien avec celle-ci". Ce texte a été signé par seulement "16 des 28 pays de l'Union européenne", la France et les Pays-Bas s'en étant abstenus car "durablement marqués par le 'non' aux référendums européens de 2005" [L'Obs].

Ce qui est critiqué par la France insoumise, c'est entre autres l'origine de la bannière étoilée, considérée comme "confessionnelle". En effet, L'Express explique que Arsène Heitz, peintre à l'origine du drapeau, "assurait avant sa mort s'être inspiré d'une médaille miraculeuse à l'effigie de la Sainte Vierge, 'pour faire plaisir' à sa mère". Toujours selon l'hebdomadaire, cette origine est contestée par deux fonctionnaires européens, Paul Levy et Robert Bichet, qui évoquent "un processus long de six ans (…) [avec] plus de 100 propositions [qui] auraient, au total, été formulées".

Du côté des eurosceptiques, Marine le Pen a déclaré que la reconnaissance officielle du drapeau européen était "le dernier clou sur le cercueil du 'Non' de 2005", tandis que "Nicolas Dupont-Aignan réclame, lui, la tenue d'un référendum" sur le sujet [RTL]. A l'opposé, François Bayrou, soutien d'Emmanuel Macron et ancien ministre de la Justice, juge sur BFMTV qu'"il y a de la folie dans cette affaire".