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Donald Tusk réélu à la tête du Conseil européen malgré le blocage de la Pologne

Revue de presse 10.03.2017

Jeudi 9 mars, l'actuel président du Conseil européen, le Polonais libéral et europhile Donald Tusk, a été réélu par 27 voix contre 1 à la tête de l'institution européenne, malgré le refus de son propre pays de renouveler son mandat. Une opposition de la Pologne, portée par la Première ministre Beata Szydło (notre photo), qui met en évidence les désaccords entre les Etats membres de l'UE, à l'approche de la date hautement symbolique du 60ème anniversaire du traité de Rome.

Beata Szydlo

Face à la reconduction de Donald Tusk, la Pologne à rebours

"Habemus (…) Presidentum" a annoncé sur Twitter Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois cité par RFI. Donald Tusk a été réélu hier à la tête du Conseil européen lors d'un vote à main levé, réunissant 27 voix contre 1, rapporte Le Figaro. Malgré le refus de son propre pays de le voir briguer un second mandat, l'ex Premier ministre polonais restera à la tête de l'institution réunissant l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, jusqu'à la fin de l'année 2019. M. Tusk "occupe depuis fin 2014 ce poste-clé, dont le rôle est de coordonner les sommets réguliers réunissant les chefs d'Etat ou de gouvernement pour fixer les priorités politiques de l'UE", explique France info.  Sitôt désigné, le président sortant a indiqué sur Twitter : "je ferai de mon mieux pour rendre l'UE meilleure", [Ouest France].

L'opposition de la Pologne face à la reconduction du candidat n'est pas nouvelle. Le gouvernement polonais "s'est activement opposé à la réélection de l’ancien premier ministre, proposant même le 4 mars un candidat pour la présidence du Conseil européen : Jacek Saryusz-Wolski, 68 ans, qui n’a jamais été ministre à Varsovie" [Le Monde]. Parmi les reproches formulées par Beata Szydlo cheffe du gouvernement polonais, à l'encontre de Donald Tusk, on retrouve celui d'être "personnellement impliqué" dans la vie politique de son pays "où certaines réformes réalisées par le pouvoir, aux mains désormais du parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), ont été qualifiées par Bruxelles d'atteintes à l'Etat de droit" [France info]. Le chef du parti Droit et justice, Jaroslaw Kaczynski, "lui impute aussi une responsabilité morale pour la catastrophe aérienne de 2010 dans laquelle son frère jumeau, le président Lech Kaczynski, est mort", rappelle La Croix.

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a déclaré refuser d'être "l'otage de Varsovie" [Le Figaro]. "Je ne vois pas comment un pays pourrait s'opposer à la solution Tusk, dès lors que tous les autres y sont favo­rables", a réagi également François Hollande. Donald Tusk a donc confirmé le large soutien que lui avaient témoigné les dirigeants nationaux, Hollande et Merkel en tête, ce qui n'a pas manqué d'agacer la Pologne qui dénonce "le diktat de Berlin" [Le Monde]. Même "La Britannique Theresa May a soutenu Donald Tusk, tout comme le Hongrois Viktor Orban, pourtant l'un des alliés du pouvoir à Varsovie", rappelle le journal.

L'ombre du Brexit plane sur cette nomination

Le Figaro dresse le parallèle entre le refus actuel de la Pologne et celui de David Cameron, qui a dit non à l'été 2014 à la nomination de Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne, Varsovie se retrouvant "isolée au moment du vote". "Avec le précédent britannique en tête, les 27 autres chefs d'État et de gouvernement se sont retrouvés face au même dilemme : comment faire prévaloir l'unanimité de leurs suffrages malgré l'humiliation prévisible de l'unique capitale qui dit non", s'interroge le journal.

Une humiliation qui a mené au refus de la cheffe du gouvernement polonais de signer les conclusions du sommet de l'UE. "Sur des questions aussi intéressantes que la croissance économique, les emplois, la crise des migrants, les Balkans – qui vont dans le sens de la politique polonaise –, c’est un peu dommage", commente Bruxelles 2.

L'avenir de l'UE : un enjeu fondamental du Conseil européen

Ce vendredi et sans la présence de la Première ministre britannique Theresa May, les 27 consacrent "une matinée à la préparation de la Déclaration de Rome, qu’ils prévoient de publier pour les 60 ans du traité fondateur de la Communauté" [Ouest France]. Un texte solennel qui souhaite démontrer l'Union après le Brexit, même si "l’idée d’un avenir à plusieurs vitesses pour l’Europe (…) cristallise les débats", relève le journal. Cette idée portée par le couple franco-allemand fait réagir le groupe de Visegrad, "inquiet de devenir des membres de seconde zone de l’Union" [La Croix].

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