Derniers articles publiés

Donald Trump : les Européens rivés sur son investiture

Revue de presse 20.01.2017

Le jour J est arrivé. Ce vendredi 20 janvier, Donald Trump devient officiellement le 45ème président des Etats-Unis. Un événement qui mobilise largement les analystes et politiciens européens en raison des nombreuses déclarations provocantes du milliardaire sur l'Europe.

Donald Trump

Saut dans l'inconnu

"Plus rien n'est sous contrôle". Dans Libération, le journaliste David Carzon résume le sentiment d'incertitude qui règne en Europe alors que Donald Trump s'apprête à entrer à la Maison Blanche. "Il reste et restera imprévisible, c'est peut-être la seule chose que l'on puisse prédire", écrit-il. Une opinion que partage Marc Pierini, ancien diplomate de l'UE et chercheur à Carnegie Europe interrogé par France Info. "Il y a très peu de choses qui se passent, il y a beaucoup de prudence, l'inconnue est totale", estime-t-il.

Pour l'Europe, les défis et potentielles menaces sont nombreux. Sur son site, La Croix appelle d'ailleurs de ses vœux un "électrochoc pour l'Europe". Marc Pierini le confirme : l'UE et la France doivent présenter "un front uni" ainsi qu'un langage de fermeté. "Croire que l'on peut l'amadouer, c'est faire fausse route, le populisme repose sur un rapport de force" [France Info].

Un sursaut européen qu'encourage également Libération : "Nous, Français et Européens, devons prendre conscience que nous sommes isolés face aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne, à la Russie et à la Chine. (…). Trouver une raison d’être dans ce nouvel ordre mondial méritera toute notre attention et notre énergie", écrit le quotidien. 

D'autant plus que, comme le rappelle le Huffington Post, Donald Trump promet une vision "diamétralement opposée à son prédécesseur".

Face à ces nombreux doutes, d'autres observateurs se veulent plus optimistes à l'instar d'Alexandra de Hoop Scheffer chercheuse à l'Institut français des relations internationales (IFRI), également interviewée par France info. "Une fois véritablement rentré à la Maison Blanche, une fois briefé, Trump se rendra compte que, nous, les Européens, sommes les seuls alliés des Etats-Unis pour gérer les crises dans le monde. Il se rendra compte qu'il ne peut pas compter sur la Russie et la Chine", estime-t-elle.

Sujet de campagne

Sur toutes les bouches et dans tous les esprits, le nouveau président élu, Donald Trump s'est aussi invité au dernier débat de la primaire de la gauche vendredi 19 janvier. Sujet de consensus entre les candidats, ces derniers ont déclaré "vouloir renforcer l'Europe face à Donald Trump" car ses menaces sont à prendre "au sérieux" [Europe 1]. Pour Vincent Peillon, il faut toutefois garder "la tête froide", "attendre et observer" [BFM TV]. "Les Etats-Unis sont nos alliés, ils le sont historiquement. M. Trump fait beaucoup de déclarations, il faudra le juger aux actes", tempère ainsi l'eurodéputé [Le Monde].

Si l'ancien ministre de l'Education compare "l'attitude de Donald Trump à celle d'Alexis Tsipras vis-à-vis de l'Europe", d'autres, en revanche, prennent ces menaces plus au sérieux [Europe 1]. "L'Europe doit renforcer son projet de défense commun" et "prendre au sérieux les menaces de Donald Trump", annonce par exemple Benoît Hamon. Arnaud Montebourg prend quant à lui "le flambeau européen" [Libération] et ambitionne une riposte à l'échelle continentale. "Il s'agit là d'une chance pour le projet européen : 'C'est le moment pour l'Europe de se sublimer", a-t-il déclaré [Europe 1].

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a pour sa part tenu le discours le plus grave, se montrant inquiet de ce qu'il considère comme "une déclaration de guerre à l'Europe" de la part du nouveau président américain. "Le monde est en train de changer", a-t-il prévenu [Huffington Post ]. "Il faut le prendre au sérieux, sinon l'Europe s'affaiblit" a-t-il encore précisé [BFM TV].

Notons enfin la tribune de Nicolas Dupont-Aignan, autre candidat à l'élection présidentielle, dans le Huffington Post. Pour le président de Debout la France (droite souverainiste), Donald Trump "promet de rompre avec les dogmes qui ont mis notre monde au bord du précipice. (…). Des dogmes dont les résultats désastreux sont précisément la cause principale de son élection". Face à cette menace, M. Dupont-Aignan appelle par conséquent à "une refondation radicale de l'Europe au service des peuples par des coopérations à la carte", ainsi qu'à "la mise sur pied d'une défense émancipée de l'OTAN" et à "réconciliation avec la Russie".

Les autres sujets du jour