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Donald Trump brandit à nouveau la menace d'une guerre commerciale avec l'UE

Revue de presse 31.08.2018

La Commission européenne a proposé, jeudi 30 août,  aux États-Unis d'abandonner de manière réciproque les tarifs douaniers sur tous les produits industriels, automobiles comprises. Inacceptable pour le président américain qui, en guise de réponse, a de nouveau brandi la menace d'une guerre commerciale avec l'UE et d'un retrait des États-Unis de l'OMC.

Donald Trump - Crédits : Gage Skidmore / Flickr

Donald Trump - Crédits : Gage Skidmore / Flickr

Suppression des taxes douanières sur les voitures

La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a annoncé, jeudi 30 août, que l'UE était "prête à abandonner les tarifs douaniers sur tous les produits industriels américains, y compris les voitures", rapporte Politico. A condition que "les États-Unis [fassent] de même", a ajouté la commissaire suédoise devant les députés de la commission Commerce international du Parlement européen.

Les États-Unis et l'Union européenne sont actuellement en train de discuter de leurs relations commerciales, tendues depuis plusieurs mois, au sein d'un groupe de travail dirigé par Mme Malmström et le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer. L'objectif est de "déterminer comment supprimer les barrières douanières sur les produits industriels", explique L'Opinion.

Depuis le 1er juin, une hausse des droits de douane américains s'applique aux Européens sur l'acier et l'aluminium. Des mesures auxquelles l'UE a immédiatement répondu. Fin juillet toutefois, l'escalade a été interrompue. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a en effet obtenu que Donald Trump s'abstienne "d’imposer des tarifs douaniers sur les exportations d’automobiles européennes", relate L'Opinion.

Mais cet "apaisement", pour reprendre le terme du Figaro, ne signifie donc pas que les États-Unis soient prêts à supprimer les barrières douanières qu'ils appliquent au secteur automobile. De fait, ce secteur n'est pas concerné par les discussions du groupe de travail, en atteste la déclaration conjointe effectuée en juillet [Politico].

"Ce n'est pas suffisant"

Et la réponse du président américain ne s'est pas faite attendre. Quelques heures après la déclaration de Mme Malmström, Donald Trump a déclaré lors d'une interview accordée à l'agence américaine Bloomberg que la proposition européenne n'était "pas suffisante". "L’Union européenne est presque aussi terrible que la Chine, mais en plus petit", a-t-il ajouté [Bloomberg].

Dans cette même interview, le président américain a également menacé de quitter l'Organisation mondiale du commerce (OMC). "S'ils ne mettent pas de l'ordre là-dedans, je me retirerai de l'OMC", a-t-il martelé [Le Monde], ajoutant que cette organisation est "le pire accord commercial jamais conclu", [Le Figaro]. Comme par le passé, M. Trump "préfère la menace à la conciliation", une attitude qui constitue de toute façon sa "tactique de négociations commerciales", analyse Le Monde.

Balance commerciale

Le président américain, qui s'était déjà irrité de "voir des Mercedes dans les rues de New York" [Le Monde], a de nouveau critiqué les habitudes des consommateurs européens. Ils "ont l'habitude d'acheter leurs voitures, et pas les nôtres", a-t-il ainsi dénoncé lors de son interview à Bloomberg.

En effet, une levée des droits de douanes sur les importations de voitures américaines ne "coûterait pas grand-chose à l'Union", fait remarquer Challenges. Chaque année, l'UE "importe moins de 40 000 véhicules en provenance des USA" : moins de 15 000 Jeep, 13 000 Ford Mustang, de "gros 'SUV' Ford Edge aux ventes très faibles et quelques voitures de General Motors". Au contraire, les Etats-Unis importent "des centaines de milliers de voitures européennes".

Plus généralement, la balance commerciale totale des Etats-Unis dans le secteur automobile est déséquilibrée puisque le pays a importé pour une "valeur totale de […] 165 milliards d'euros" et exporté "à peine […] 49 milliards d'euros", poursuit l'hebdomadaire économique. La raison : les "dimensions hors normes" et la "voracité des moteurs" des voitures américaines, invendables ailleurs dans le monde…