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Devant l'Acropole, Emmanuel Macron ambitionne de refonder l'Europe

Revue de presse 08.09.2017

Jeudi 7 septembre, lors de sa visite en Grèce, le président français a procédé à un examen critique de la construction européenne et énoncé ses propositions pour refonder l'Union européenne. 

Emmanuel Macron et Alexis Tsipras le 8 septembre 2017

Emmanuel Macron et Alexis Tsipras le 8 septembre 2017, crédits : Elysée

"Grand-croix de l'ordre du Sauveur"

En visite d'Etat en Grèce les 7 et 8 septembre, dans la poursuite de sa tournée européenne commencée à l'été [Le Temps], le Président de la République a rencontré son homologue grec, Alexis Tsipras. Il a, dans l'après-midi, reçu les insignes de "Grand-croix de l'ordre du Sauveur" puis, en fin de journée prononcé un discours prônant la refondation de l'Europe.

Le président français "s’est choisi un décor grandiose", selon RFI. En effet c'est avec "un pupitre placé en haut de la colline de la Pnyx, avec l’Acropole en toile de fond, au soleil couchant", que le chef de l'Etat a énoncé ses propositions. Un espace où "se réunissaient les citoyens grecs dans l'Antiquité pour y délibérer ou y voter le budget de la cité", qui permet à Emmanuel Macron de renforcer la portée symbolique de son discours [Le Figaro].

De la démocratie en Europe

Dans son "discours de la méthode", le président français s'est lancé dans une auto-critique de la construction européenne. "On a parfois menti aux peuples, faisant croire que, sans rien réformer, on pouvait vivre à Athènes comme à Berlin. Mais qui a-t-on fait payer ? (…) Le peuple grec. On a voulu corriger tout cela par des politiques qui, mues par la défiance, ont créé des injustices et des incompréhensions", a-t-il lancé [Le Monde].

Pour Emmanuel Macron, il s'agit alors de fonder "'une vraie démocratie européenne'", avec "l'ambition folle à nouveau de vouloir une Europe plus forte" [Huffington post]. Le chef de l'Etat, cité par Les Echos, a ainsi appelé à "la reconquête de notre souveraineté". Selon lui, "la bonne échelle c'est l'échelle européenne" pour répondre aux nombreux défis auxquels la France doit faire face [Les Echos].

Afin de "faire progresser le débat par 'une méthode nouvelle'", Emmanuel Macron a proposé la mise en place de consultations démocratiques [Huffington post]. Celles-ci visent à "faire débattre les peuples non sur une question fermée ou édictée par des techniciens, mais sur leurs principales préoccupations, afin de dégager des priorités d'action 'pour les cinq à dix ans qui viennent'" [Le Figaro]. Les débats devraient durer six mois, suivis d'un temps permettant de faire leur synthèse, pour finalement émettre des axes de travail prioritaires à l'été 2018.

Le président français a également insisté sur une refondation pour "retrouver le sel de la zone euro" [Huffington post]. Dotée d'un "vrai budget", celle-ci aurait à sa tête un ministre des Finances européen, tandis qu'un contrôle démocratique devrait être mis en place [Le Monde]. Toujours dans l'idée de réformer les institutions, Emmanuel Macron a proposé "la constitution de 'listes transnationales'" pour les élections européennes qui auront lieu en mai 2019.

Solidarité européenne

Lors de sa rencontre avec Alexis Tsipras plus tôt dans la journée, le chef de l'Etat a réaffirmé son soutien à Athènes, plaidant pour "un allégement du poids de la dette grecque" [Le Monde]. De même, pour Emmanuel Macron "'Le FMI n'avait pas sa place dans les affaires européennes'", l'Union européenne devant être plus indépendante grâce à la mise en place d'une solidarité plus importante entre les Etats membres [Les Echos].

Cependant, comme le souligne Le Temps, le président français a cherché à ne "pas 'braquer' Angela Merkel et son puissant ministre des Finances, Wolfgang Schaüble". La chancelière allemande étant en pleine campagne électorale, Emmanuel Macron a évité d'évoquer trop en profondeur les sujets pouvant froisser son électorat. Parmi ceux-ci on peut citer "la gouvernance de la zone euro et de la dette grecque", bien que "des propositions sur ces deux sujets devraient être formulées par Emmanuel Macron d’ici à la fin septembre" [Le Temps].