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Des créanciers lassés, un Tsipras isolé

Revue de presse 11.06.2015

Si les relations entre la Grèce et ses créanciers se sont considérablement tendues, les négociations se poursuivent et le Premier ministre grec Alexis Tsipras multiplie les rencontres afin de trouver un accord.

Alexis Tsipras et jean-Claude Juncker

Il y a encore une semaine, tous les médias en étaient convaincus : un accord entre la Grèce et les créanciers allait être conclu dans les prochains jours. Ce scénario est aujourd’hui très compromis.

Hier, rapporte Le Point, la Commission européenne a sèchement rejeté le dernier programme grec de réformes émis mardi par le gouvernement d’Alexis Tsipras. Les créanciers estiment en effet que ces propositions de réformes "ne reflètent pas" les négociations effectuées entre les deux parties.

La Commission européenne se déclare toujours prête à un accord, mais "hausse le ton" et exige "moins de tactique, de manœuvres et plus de travail sur la substance" de la part du gouvernement grec.

Toute la presse française considère qu’Athènes a abusé de la patience de ses créanciers et a "perdu leur confiance", et notamment celle du président de la Commission européenne. Le Monde parle d’un Jean-Claude Juncker "très remonté contre M. Tsipras" alors même que peu de temps auparavant, il l’appelait encore "mon ami". Il a même déclaré mardi "qu’un nouveau rendez-vous avec le Premier ministre grec serait une perte de temps".

Malgré leurs "relations refroidies", un autre article du Point affirme que les deux hommes sont censés se rencontrer aujourd’hui.

D’autre part, L’Express annonce que la Banque centrale européenne a relevé hier le plafond de son financement d'urgence de 2,3 milliards d’euros. Le financement d’urgence atteint donc désormais 83 milliards d’euros.

Le journal se demande s’il faut y voir une "volonté d’arrondir les angles de la part des créanciers de la Grèce tandis que les négociations sur la dette piétinent".

Très impliqués dans le dossier grec, et déterminés à éviter le défaut de paiement [Le Monde], le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont rencontré le Premier ministre grec hier à Bruxelles, en marge du Sommet entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine, rapportent Les Echos.

Cette réunion jugée "très amicale" par M. Tsipras a permis aux trois dirigeants de discuter "d’un scénario de compromis".

Le Point et Les Echos estiment d’ailleurs que "la possibilité d’un accord s’est nettement rapprochée".

Le premier explique en effet que sur la question de l’excédent primaire budgétaire, "il ne reste pas grand-chose à faire pour trouver une solution commune" puisque le gouvernement grec se dit prêt à revoir sa proposition de le fixer à 0,75% quand les créanciers exigent 1%.

Par ailleurs, La Tribune rapporte qu’Angela Merkel, contre l’avis de son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, "ne demanderait plus qu'une seule réforme pour convenir d'un accord avec Athènes".

Les Echos relatent en outre que la Grèce serait en train de discuter "d’une extension de neuf mois de son programme de redressement, jusqu’en mars 2016" et réclamerait "une sorte de plan Marshall avec des prêts et investissements renforcés en provenance de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement". Le journal y voit "l’esquisse d’un scénario de déblocage".

Alexis Tsipras dispose néanmoins de peu de temps. Le Monde rappelle que la Grèce a jusqu’au 30 juin pour trouver un accord : ce jour-là marquera la fin de validité du plan d’aide à Athènes et le pays devra en plus rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI. Le Point parle d’un "calendrier très serré".

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