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Démonstration d'unité du couple Hollande-Merkel devant le Parlement européen

Revue de presse 08.10.2015

Vingt-six ans après la dernière intervention commune des chefs d'Etat et de gouvernement français et allemand devant le Parlement européen réuni en session plénière, François Hollande et Angela Merkel se sont rendus hier à Strasbourg pour affirmer leur unité et appeler l'ensemble des Européens à persévérer dans la solidarité.

Official visit of the Chancellor of the Federal Republic of Germany and the President of the Republic of France in the Plenary Chamber in Strasbourg

Ce mercredi, François Hollande et Angela Merkel se sont rendus à Strasbourg pour une allocution commune devant le Parlement européen réuni en assemblée plénière. Un exercice qui ne s'était pas produit "depuis 1989, où le couple Kohl-Mitterrand était venu parler devant les élus de Strasbourg", rappelle Challenges.

Les deux dirigeants ont bénéficié de trente minutes chacun pour lancer leur appel : ils "veulent plus d'Europe pour répondre aux crises" titrent Les Echos. Pour Le Monde, "c’est sans surprise la crise migratoire qui a lieu en Europe qui a dominé l’essentiel des discours". Pour François Hollande et Angela Merkel, il faut "davantage de solidarité et […] plus d’Europe".

"Une leçon de morale"
, estime Philippe Gélie, éditorialiste du Figaro, qui rapporte les propos de la chancelière allemande : "l'Europe est une communauté de valeurs, de droits et de responsabilités". Tout en précisant non sans ironie qu'elle aurait pu "ajouter une communauté d'intérêts, mais cela aurait fragilisé la leçon de morale".

Pour le couple franco-allemand, l'intérêt des Européens et de l'Union européenne se trouve aujourd'hui dans la meilleure gestion possible de la crise migratoire. Un appel à "changer la politique d'asile sur le continent" précise l'Express. Angela Merkel a présenté les accords de Dublin comme "obsolètes", tandis que "M. Hollande a de son côté mis en garde, sous les applaudissements, contre une 'fin de l'Europe' et un 'retour aux frontières nationales' si l'UE ne faisait pas preuve d'unité".

C'est donc le projet européen dans son ensemble qui pourrait se trouver en danger. "Si l'Europe ne fait pas preuve d'unité, le chef d'Etat français a mis en garde contre 'le retour des frontières nationales, le démantèlement des politiques communautaires, l'abandon de l'euro'" cite ainsi Le Figaro. Euractiv sélectionne un autre passage du discours du président français : "Le débat n'est pas entre plus d'Europe et moins d'Europe, mais entre l'affirmation de l'Europe et la fin de l'Europe", ajoutant qu'une " fédération d'Etats-nations […] doit rester notre horizon".

Le Monde précise la teneur des discours successifs et estime que, "face aux multiples crises auxquelles est confrontée l’Europe — celle des migrants mais aussi la crise ukrainienne, le réchauffement climatique ou la gouvernance de la zone euro —, M. Hollande et Mme Merkel ont tour à tour condamné la montée des nationalismes".

Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, se montre même dithyrambique. Selon lui, les deux dirigeants ont prononcé deux "discours solennels, d’une rare franchise". Une opinion qui n'est pas partagée par l'ensemble de la presse française, L'Humanité titrant notamment : "la comédie du couple franco-allemand fait un flop".

Du côté des eurodéputés, cet "après-midi historique" [Challenges] aura permis à Marine Le Pen de recentrer le débat, pendant ses deux minutes imparties, sur la politique franco-française, afin de "moquer le locataire de l'Elysée", rapporte Le Figaro. Une attaque que François Hollande n'a pas cherché à esquiver, répondant à la patronne du Front national que "la seule voie possible pour celles et ceux qui ne sont pas convaincus de l'Europe c'est de sortir de l'Europe, […] de l'euro, de Schengen, et même si vous pouvez, de sortir de la démocratie" précise l'article.

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