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Déficits : la Commission européenne prête à plus de flexibilité

Revue de presse 14.01.2015

Jean-Claude Juncker a annoncé hier, devant les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg, "une dose supplémentaire de flexibilité" dans le pacte de stabilité et de croissance. Celui-ci impose de ne pas dépasser les 3% de déficit public, mais prévoit une possible flexibilité.

Jean-Claude Juncker

"La Commission européenne peut être autre chose qu’une gardienne un peu bornée de l’austérité budgétaire", estiment Les Échos. Le site du quotidien parle de "tournant politique" au sujet de la volonté d'accorder de possibles souplesses "concernant les investissements et pour autant que les pays membres fassent des réformes structurelles". "Les dépenses d’investissement pourront ainsi être exonérées à certaines conditions du calcul du déficit public, et il pourra être donné plus de temps aux pays en infraction avec la règle des 3%, s’ils en font la demande et s’ils présentent un programme de réformes structurelles jugé sérieux et important", expliquent Les Échos.

Pour Le Monde, "c’est désormais formalisé par écrit : la commission Juncker veut changer le 'logiciel' économique européen". La Commission européenne "acte le fait que la réduction des déficits n’a pas suffi à relancer la croissance. L’heure est aux réformes de structure et à l’investissement", commente le site du quotidien. Les pays qui ne sont pas dans la procédure de déficit excessif pourront bénéficier d'"une lecture accommodante" à leurs investissements nationaux sur des projets de lutte contre le chômage des jeunes, pour des infrastructures de transport… Les pays concernés par une procédure de déficit excessif pourront obtenir davantage de temps pour revenir dans les clous s'ils présentent des réformes structurelles et qu'ils ont fait des efforts suffisant de réduction des déficits.

"Le soulagement est visible chez les alliés de François Hollande", affirme Le Figaro. Le site du quotidien explique que "la France pourrait décrocher un troisième sursis budgétaire jusqu'en 2017 ou 2018". Ce report n'est pas inconditionnel et aurait lieu "si les projets de loi Macron ne sont pas dénaturés durant le débat parlementaire" et "si Paris réussit à convaincre la Commission que le déficit public sera effectivement réduit du minimum européen de 0,5% cette année, en termes 'structurels'", commente Le Figaro. Le commissaire européen Pierre Moscovici, ancien patron de Bercy, estime que "la responsabilité budgétaire est nécessaire, mais ce n'est pas une condition suffisante pour l'emploi et la croissance".

Du côté allemand, l'équilibre budgétaire a été atteint en 2014, la première fois depuis 1969. "Mais l'obsession du 'zéro pile' est critiquée par l'opposition et certains économistes, comme un dogme qui n'a pas de sens économiquement et bride l'Allemagne dans sa croissance et ses investissements", rapporte Le Monde. Le site du quotidien estime que "ce retour à l'équilibre budgétaire devrait aussi fournir des arguments supplémentaires aux partenaires européens de l'Allemagne qui l'exhortent à investir davantage pour soutenir l'activité sur le continent". 

Cette flexibilité devrait satisfaire Syriza, le parti de gauche radicale grec, qui "réclame un allègement de la dette et plus de liberté dans la politique budgétaire", alors que "la politique d’austérité (…) a conduit à une chute brutale de l’activité", explique Slate. Le média en ligne rappelle "le refus systématique opposé par l'Allemagne".

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