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Déficit public : la France reste dans le collimateur de Bruxelles

Revue de presse 14.02.2017

En 2017, la France devrait respecter la règle budgétaire européenne imposant un déficit public de moins de 3% du PIB. La Commission européenne estime néanmoins qu'à politiques inchangées, le pays repassera au-dessus de ce seuil en 2018. La France restera donc sous la surveillance de Bruxelles, tandis que le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici appelle les candidats à l'élection présidentielle au respect des règles budgétaires.

Pierre Moscovici

Un bilan budgétaire mitigé pour François Hollande

Avec un déficit estimé à 2,9% du PIB en 2017, la France devrait respecter les règles européennes du pacte de stabilité et de croissance. Mais au terme de son mandat, le président français n'aura que partiellement réussi à honorer son engagement, selon les prévisions de la Commission européenne. D'après l'institution, à politiques inchangées, le déficit public français devrait atteindre 3,1% en 2018. "Ce qui empêchera la Commission de sortir le pays de la procédure 'pour déficits excessifs' assez stigmatisante à Bruxelles, impliquant une surveillance budgétaire rapprochée", fait savoir Cécile Ducourtieux dans Le Monde.

"La France conserve sa réputation de 'pays à problème', qui risque d’handicaper le prochain gouvernement français dans ses discussions avec Bruxelles. Surtout s’il arrive avec plein d’idées de réformes de la zone euro mais sans engagements très fermes sur la conformité aux règles communes", analyse-t-elle. D'autant que les Etats membres respectueux du pacte de stabilité refusent d'accepter que la France puisse, depuis maintenant neuf ans, s'y soustraire, ajoute la journaliste.

Des prévisions marquées par de profondes incertitudes

De l'aveu même de Pierre Moscovici dans une conférence de presse lundi, les projections de la Commission européenne sont à considérer "avec une énorme prudence et encore plus cette année puisqu’[elles sont] une projection dans un scénario de politique inchangée. Or, nous savons qu’il y aura des changements politiques et donc des changements de politiques", rapporte Ouest France.

L'exécutif européen explique que des risques "exceptionnellement élevés" pèsent sur ses prévisions, que ce soit pour la France ou les autres Etats membres, relate L'Opinion. "Mais c'est sans doute la France qui inspire aujourd'hui le plus d'inquiétudes dans les autres pays européens, où l'on commence à imaginer une possible victoire de la présidente du Front national", selon le quotidien.

Un appel au respect des règles budgétaires pour les candidats à la présidentielle

Alors que, comme le souligne L'Opinion, Emmanuel Macron est le seul candidat à l'élection présidentielle française à affirmer vouloir respecter les règles européennes en termes de budget, Pierre Moscovici a exhorté les autres candidats à faire de même. Pour le commissaire européen, l'enjeu est à la fois économique et politique : "Je suis convaincu que passer sous les 3 % est un prérequis pour la crédibilité de la France. Economiquement, il faut se libérer de la menace de l'endettement et de l'étreinte d'une possible remontée des taux. Politiquement, je ne vois aucun sens à ce que la France se retrouve à être le seul pays de la zone euro dans une procédure pour déficit excessif", a-t-il affirmé [Les Echos].

"Pierre Moscovici met donc en garde les candidats : respecter la règle, c'est assurer la crédibilité budgétaire de la France. S'en affranchir, c'est continuer à être sous haute surveillance budgétaire de Bruxelles et sous la menace de sanctions", résume ainsi RTL. En respectant les règles budgétaires, la France pourrait améliorer "ses capacités de coopération avec ses partenaires de la zone euro et notamment l'Allemagne", a également fait remarquer le commissaire aux Affaires économiques, rapporte Le Figaro. "En d'autres termes, si la France veut tenter de jouer à nouveau à jeu égal avec son principal partenaire européen, il faut qu'elle commence par respecter les règles édictées", interprète le quotidien.