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Déficit français : la Commission européenne hésite

Revue de presse 24.11.2014

La Commission européenne devait rendre aujourd'hui son avis sur les budgets nationaux des États membres, mais il a été repoussé de quelques jours. La copie française est celle qui pose le plus de problème. Selon la presse, la Commission attendra le mois de mars pour se positionner sur d'éventuelles sanctions à l'encontre de la France.

Le budget français fait débat

Pour Le Figaro, "c'est quasiment officiel. La Commission Juncker va s'abstenir cette semaine de sanctionner la France (…) mais il s'agit seulement d'un sursis de quatre mois afin de lui permettre, d'ici au mois de mars, de rectifier le tir et d'accélérer la mise en œuvre des réformes demandées". Le site du quotidien ajoute que "les vingt-huit commissaires rendront donc vendredi un avis très critique sur le projet de budget 2015". En France, le secrétaire d'État au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a pris le contre-pied de la Commission en estimant "que 'dans le contexte difficile' actuel, il ne fallait pas prendre pour argent comptant l'engagement de résorber le déficit commercial d'ici 2017", rapporte La Tribune.

Le débat autour du budget français devient en tout cas de plus en plus épineux. Le prochain Eurogroupe qui réunit les ministres des Finances de la zone euro prévu le 1er décembre prochain a ainsi été annulé. En cause justement les débats autour du texte budgétaire français qui amènerait Bruxelles à ne pas livrer son avis cette semaine [BFM TV].

La Commission serait divisée sur la position à prendre sur le cas français. Selon Les Échos, il y a "des faucons, qui estiment que la Commission et les partenaires de la France sont fatigués de l’attitude désinvolte de la France et qu’il est temps de marquer le coup en plaçant Paris devant ses responsabilités" et de l'autre côté, "des colombes qui estiment qu’il faut plus que jamais conserver de la souplesse dans le système européen et que l’absence de croissance rend l’adoption de réformes structurelles particulièrement difficile".

La France compte sur le rapport franco-allemand qui sera présenté jeudi pour redonner confiance dans le pays, mais celui-ci fait déjà l'objet de "couacs" selon La Tribune. Le rapport comporterait des préconisations, pour la France, de "gel des salaires pendant trois ans, assouplissement du marché du travail et des 35 heures" selon le magazine allemand Der Spiegel, mais "à Bercy, on infirme" et l'un des économistes à la base du rapport, "Jean Pisani-Ferry a assuré dans un sms que 'le Spiegel n'a pas eu accès au rapport'", affirme le site de l'hebdomadaire.

Les fuites de ce rapport ont suscité des critiques en France. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, affirme qu'"il vaut mieux se concentrer sur la relance européenne plutôt que de rogner les acquis en France'", rapporte Challenges. En Allemagne, des critiques ont également surgit, selon lesquelles les auteurs du rapport l'"inviteraient (…) à augmenter son effort d'investissement public", rapporte Le Figaro. Le site du quotidien précise qu'"attachée à son objectif d'équilibre budgétaire, la chancelière Angela Merkel n'est pas disposée à desserrer les cordons de la bourse allemande".

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