Derniers articles publiés

Déficit : dialogue de sourds entre la France et la Commission européenne

Revue de presse 21.11.2014

Le ton monte entre la France et la Commission européenne au sujet du dépassement du déficit de la deuxième économie européenne. Michel Sapin, ministre français des Finances, ne croit pas en la possibilité des sanctions financières, malgré le coup de semonce tiré par Günther Oettinger, commissaire européen à l’Économie numérique.

Günther Oettinger

"La Commission doit traiter la France en tant que pays déficitaire récidiviste", annonce sévèrement Günther Oettinger, commissaire européen à l’Economie numérique, dans une tribune publiée par Les Échos. La France a déjà obtenu deux reports successifs pour le respect du seuil de 3% de déficit. L'Allemand ajoute : "nous perdrions toute crédibilité si nous prolongions pour la troisième fois le délai accordé sans exiger des contreparties très concrètes et précises".

Quelques heures avant cette publication, Michel Sapin, ministre français des Finances, "a ironisé sur les 'pervenches' équipées de 'carnets à souche' qui font selon lui circuler ces spéculations à Bruxelles", rapporte Challenges. Les risques sont pourtant réels car "la France n'atteindra pas l'an prochain, comme elle s'y était engagée, le seuil limite de 3% du produit intérieur brut pour son déficit public, et a repoussé à 2017 cet objectif", explique le site de l'hebdomadaire.

Michel Sapin a insisté en affirmant que "la question des amendes est évoquée à chaque rendez-vous (…) elle est sans intérêt et sans consistance", rapporte EurActiv, qui ajoute que "le ministre des Finances a ironisé sur les déclarations de ces responsables, expliquant qu'ils voulaient ainsi se donner de l'importance".

La situation est prise au sérieux par Le Figaro qui affirme que "cette fois, la Commission et les capitales de l'euro n'entendent plus lâcher la proie pour l'ombre : dans les jours qui viennent, Paris va devoir mettre les actes en accord avec ses promesses". Le site du quotidien rappelle que  la Commission Juncker a prévu un plan d'investissement de 300 milliards d'euros et que "la manne se distribuera aussi en fonction de l'enthousiasme réformateur de chacune des vingt-huit capitales".

Michel Sapin est aujourd'hui à Lisbonne et Madrid pour "défendre ses choix budgétaires" et "plus globalement, expliquer la position de la France en faveur d’une relance économique de la zone euro", affirment Les Échos. Le ministre français pourrait rencontrer un auditoire récalcitrant dans ces "deux pays qui, eux, ont concédé de très lourds sacrifices au cours des dernières années", explique le site du quotidien qui cite le ministre espagnol des Finances, Cristobal Montoro : "l’exemple de l’Espagne montre que la politique d’austérité fonctionne".

Les autres sujets du jour

Pays de l'UE