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Défense et crise migratoire au centre du sommet franco-britannique à Sandhurst

Revue de presse 18.01.2018

Jeudi 18 janvier, Emmanuel Macron rencontre Theresa May à l'occasion du 35ème sommet franco-britannique, le premier depuis le référendum sur le Brexit. Celui-ci permettra aux deux pays d'aborder les questions de coopération militaire et de gestion des frontières prévue par les accords du Touquet. Culture, environnement et éducation sont également à l'ordre du jour.

Emmanuel Macron et Theresa May au palais de l'Elysée le 12 décembre 2017

Emmanuel Macron et Theresa May au palais de l'Elysée le 12 décembre 2017 - Crédits : Gouvernement britannique (10 Downing Street)

"Après une visite à Calais mardi 16 janvier, le président de la République française, Emmanuel Macron franchit jeudi 18 janvier la Manche à l’occasion du 35e sommet franco-britannique". Celui-ci durera "une demi-journée avec un déjeuner restreint entre le président et la Première ministre britannique, Theresa May", et sera suivi "d’une visite à l’académie royale militaire de Sandhurst". Car "en dépit du Brexit, la coopération bilatérale entre France et Royaume-Uni est toujours d’actualité" [La Croix]. La défense sera l'un des "piliers de ce sommet" [La Croix], de même que la question migratoire. "Un nouveau traité de coopération sur la gestion des migrants" devrait ainsi être signé.

Discussions sur la participation du Royaume-Uni à l'Europe de la Défense

Selon le Times cité par Courrier International, "la question de la coopération militaire sera 'la principale priorité', le président français souhaitant 'à tout prix préserver cette entente malgré le retrait britannique de l’Union européenne'".

"La poursuite de la participation de la Grande-Bretagne à l’Europe de la défense" est un premier point central, "Paris et Londres compt[ant] à eux deux pour près de la moitié du budget européen de la défense" [La Croix]. Raison pour laquelle de nombreux pays européens cherchent des solutions pour "garder Londres aussi impliquée que possible dans les efforts militaires du bloc" [Politico]. Du côté britannique, "l’idée d’une intégration de l’armée britannique au sein des forces européennes est vue avec un scepticisme marqué". Car à l'heure actuelle, la participation britannique au Fond européen de défense s'élève à  "5,5 milliards d’euros" [Courrier International]. Pourtant, comme le souligne Politico, "une nouvelle relation militaire spéciale avec l'UE" pourrait aussi profiter à Londres : Bruxelles est en effet en train "d'accélérer le projet d'acquisition commune de matériel militaire", ce qui pourrait bénéficier aux "entreprises britanniques" [Politico].

Londres cherche à renforcer ses accords bilatéraux

Outre les enjeux européens, "le Royaume-Uni tente aussi de renforcer la coopération bilatérale avec les alliés continentaux", et "par-dessus tout la France" [Politico]. "Les accords bilatéraux de Lancaster House" qui "régissent la coopération franco-britannique dans le domaine de la défense" devraient ainsi être réaffirmés.

Parmi les nouveaux axes de collaboration, "le Royaume-Uni devrait promettre un renforcement 'très significatif'  de son appui opérationnel" et financier "à l'intervention de l'armée française au Sahel" [Les Echos]. En parallèle, "la France a accepté d'engager des troupes en 2019 dans le groupement de combat de l'Otan, situé en Estonie et dirigé par le Royaume-Uni". Un déploiement qui "vise à renforcer la 'dissuasion face à l'affirmation croissante de la Russie'", d'après Downing Street. "Des projets communs en matière de missiles, de détection sous-marine" devraient aussi être annoncés [AFP]. 

La question migratoire également au cœur de la rencontre

"Un autre point important porte sur la signature d’un 'nouveau traité' pour 'compléter les accords du Touquet' sur la gestion des migrants qui veulent aller au Royaume-Uni" [La Croix]. Selon le Point, le principe sera "maintenu : la frontière demeure à Calais, les contrôles seront conjoints entre les autorités françaises et britanniques". Néanmoins, "la France demanderait la 'prise en charge d'un certain nombre de coûts' par la Grande-Bretagne" ainsi "qu'un meilleur accueil des mineurs isolés par Londres" [Le Figaro].

A la suite du démantèlement de la "Jungle" de Calais, "la Grande-Bretagne s'était en effet engagée à accueillir 'tous les enfants isolés ayant de la famille sur place' et à étudier les dossiers des mineurs 'vulnérables'" [Europe 1]. Mais en un an, "seuls 893 avaient été acceptés par la Grande-Bretagne" et "huit mineurs sont passés" de l'autre côté de la frontière. En cause, "les procédures (…) extrêmement longues en Grande-Bretagne", souligne Pierre Henry, directeur de France Terre d'asile interviewé par Europe 1. Londres devrait ainsi s'engager à "examiner très rapidement (…) les demandes de migrants pouvant entrer sur son sol : les mineurs isolés, vulnérables ou pouvant bénéficier du regroupement familial, ainsi que les demandeurs d'asile" [Europe 1].

Enfin, les accords comprendront probablement "une rallonge financière de Londres pour lutter contre l'immigration illégale à Calais" [Le Figaro]. Paris souhaite ainsi rouvrir une discussion pour obtenir "un soutien financier britannique au développement économique de la région de Calais" [Les Echos].

Intensifier les liens entre les deux pays

Enfin, Paris et Londres "entendent (...) intensifier les échanges culturels avec un accroissement des bourses d'échange linguistique et une augmentation des jumelages entre les villes des deux pays". D'autres partenariats franco-britanniques devraient être scellés dans les domaines "de la génomique, du spatial, des véhicules propres et du prix du carbone" [Le Point].

"Sur le plan culturel, les deux dirigeants annonceront un programme d'échanges d’œuvres d'art". Hautement symbolique, "un prêt de la célèbre Tapisserie de Bayeux, chef d’œuvre relatant l'invasion de l'Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant, est d'ores et déjà envisagé [AFP].