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Déchets : l'UE vent debout contre les plastiques à usage unique

Revue de presse 29.05.2018

70% des déchets marins sont composés d'objets en plastique à usage unique et d'engins de pêche abandonnés. La Commission a annoncé de nouvelles règles pour en limiter la production.

Déchets plastiques

Déchets plastiques flottant dans un canal à Amsterdam (Pays-Bas) - Photo : iStock - Crédits : DutchScenery

"Chaque année, huit millions de tonnes de plastique finissent dans l’océan, décimant les espèces marines et les oiseaux, et affectant la chaîne alimentaire de l’homme", rappelle le Programme des Nations unies pour l’environnement [Le Monde]. Selon Rethink Plastics, une alliance d'ONG pour un avenir sans plastique, "46 milliards de bouteilles en plastique à usage unique sont consommées chaque année dans l'UE", sans compter les "580 milliards de mégots de cigarettes, 2,5 milliards d'emballages pour des repas à emporter, 16 milliards de gobelets à café, ou encore 36,4 milliards de pailles" qui sont autant de déchets à traiter [Courrier international].

Des mesures concrètes

Pour tenter de remédier à cette situation, la Commission veut mettre en place des "mesures concrètes pour limiter la pollution plastique des mers, océans et rivières" [Libération]. D'après Le Soir, quotidien belge, la nouvelle initiative est "ciblée et proportionnée" pour toucher "directement les dix premières sources de déchets marins en Europe, c’est-à-dire les dix articles en plastique à usage unique que l’on trouve le plus couramment sur les plages de l’Union".

La production de "bâtonnets de coton-tige, couverts, assiettes, pailles, bâtonnets mélangeurs pour boissons et tiges pour ballons en plastique" serait alors interdite [RTBF]. Ces produits devraient à l'avenir "être produits uniquement à partir de matériaux plus durables". Par ailleurs, Le Monde précise que les "récipients pour boisson à usage unique ne seraient plus autorisés que si leur couvercle ou leur bouchon y est attaché".

Selon Le Soir, la Commission souhaite par ailleurs que "les fabricants prennent en charge une partie des frais de gestion et de nettoyage des déchets et des coûts liés aux mesures de sensibilisation". Ceci afin d'inciter "l’industrie à mettre au point des solutions de remplacement moins polluantes pour ces produits". Les Echos précisent que la charge incombera aussi aux Etats, qui devront "assurer la collecte d'au moins 90 % des bouteilles en plastique d'ici 2025". Pour ce faire, "la Commission suggère par exemple de mettre en place un système de consigne, qui a selon elle déjà fait preuve de son efficacité dans certains Etats membres" [Courrier international].

Le Monde explique que les Etats membres auraient également "l’obligation de sensibiliser le public à l’impact négatif des plastiques à usage unique et du matériel de pêche, ainsi qu’aux dispositifs de réemploi et de gestion des déchets de ces produits". Enfin, d'après Courrier international, les fabricants devront mieux étiqueter les produits en indiquant "le mode d'élimination des déchets, les effets néfastes du produit sur l'environnement et la présence de matières plastiques".

Un "projet unique au monde"

Avec ces mesures, la Commission estime "éviter l’émission de 3,4 millions de tonnes équivalent CO2 et des dommages environnementaux dont le coût d’ici à 2030 s’élèverait à 22 milliards d’euros" [Le Soir]. Pour le vice-président de la Commission Frans Timmermans, "l'UE n'est peut-être pas le premier contributeur au problème des produits marins en plastique, mais elle veut être la première pour des solutions" [RTBF]. La Commission compte également sur ce "verdissement" pour augmenter la "compétitivité de l'industrie européenne et estime que les consommateurs y sont désormais prêts". "La plupart des produits qui seront interdits [n'étant] pas fabriqués en Europe", la décision peut également être vue "comme une réponse à l’interdiction chinoise des importations de détritus plastiques sur son territoire" [Le Soir].

Meadhbh Bolger, membre de l'ONG Friends of the Earth Europe, affirme dans Courrier international qu'il n'y a "aucune initiative similaire à cette échelle dans le monde". Cependant "sans objectifs chiffrés au niveau de l'UE pour la réduction des emballages alimentaires et gobelets il y a un risque potentiel d'échec". Pour sa part, l'industrie a "froidement accueilli la proposition" selon Les Echos. Le lobby PlasticsEurope fustige ce qu'il considère comme des "raccourcis" : "interdire certains produits n'est pas la solution". C'est le "manque d'application de la législation liée à la gestion des déchets au niveau national et régional" qui doit être remis en cause. Mais la Commission européenne "rétorque qu'il est indispensable d'agir au maximum à la source" [Les Echos].

Courrier international indique que "l'entrée en vigueur d'une législation restrictive sur les sacs en plastique" aurait, selon un récent sondage Eurobaromètre, permis à "près de trois Européens sur quatre de réduire leur consommation" de sacs, entraînant "une chute de 50%" de cette consommation. "La proposition de directive doit maintenant être discutée et amendée par le Parlement européen et le Conseil". Une fois adoptées, "ces règles entreraient en vigueur au plus tôt en 2022" [Le Monde].