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David Cameron poursuit son lobbying anti-Juncker

Revue de presse 11.06.2014

Lors de la rencontre des chefs de gouvernement britannique, allemand, suédois et néerlandais à Harpsund en Suède lundi et mardi, les discussions autour du futur président de la Commission européenne ont été omniprésentes. En effet, David Cameron poursuit son offensive contre Jean-Claude Juncker qui, au vu des résultats des élections, devrait légitimement prendre la tête de la Commission européenne. Si la presse revient aujourd'hui sur la stratégie de Londres, la place du Royaume-Uni au sein de l'UE fait également l'objet de commentaires.

David Cameron et Angela Merkel 2010

"Présidence de la Commission européenne : ça coince toujours" titre Euronews. Parmi David Cameron, Mark Rutte et Fredrik Reinfeld – tous opposés au candidat du PPE jugé trop fédéraliste – le site estime que la chancelière allemande était en mauvaise posture. Si elle a laissé entendre son éventuel soutien à une réforme de l'UE elle a insisté sur son soutien à Jean-Claude Juncker. Les Echos présentent à l'inverse l'intransigeance affichée par Angela Merkel face à la tactique britannique : " les menaces n’ont pas leur place dans ce genre de décision" a-t-elle averti.

La bataille engagée par David Cameron contre la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission n'est pas une nouveauté. Le journaliste Bernard Guetta rappelle que ces questions institutionnelles sont souvent remises en cause depuis une vingtaine d'années, opposant les thèses fédéraliste et intergouvernementaliste [Libération]. Interviewé par Euronews, l'eurodéputé allemand libéral Alexander Graf Lambsdorff met également en exergue cette tension persistante : "je pense que [les opposants de Juncker] veulent montrer que ce sont les gouvernements nationaux qui donnent le ton en Europe. Ils ne veulent pas que les institutions européennes et en particulier le Parlement européen jouent un rôle plus important".

Selon l'avis des Echos, David Cameron n'aurait pas un avantage si clair dans le rapport de force qui l'oppose aux autres Etats membres pour la nomination de la future tête de la Commission. En effet, les premiers ministres néerlandais et suédois n'ont pas encore exprimé explicitement leurs positions. Selon les estimations du quotidien, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le Président du Conseil italien Matteo Renzi pourraient rejoindre le camp du 10 Downing Street.

Pour Le Monde, le veto posé par le Premier ministre britannique à Jean-Claude Juncker a tout à voir avec la question d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Cependant, si cette menace est brandie par Londres, elle aurait beaucoup à y perdre si elle mettait à exécution son plan. Selon le rapport du centre de recherche britannique Centre for European Reform, les estimations des gains économiques liés à une sortie de l'UE avancés par David Cameron sont simplement "illusoires" [Les Echos].

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