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Crise migratoire : en Europe la tension croît, tandis que les murs s'élèvent

Revue de presse 29.10.2015

Tandis que les réfugiés se déplacent au travers de l'Union européenne pour atteindre, idéalement, l'Allemagne ou la Suède, les tensions croissent entre les Etats devant assurer le transit tout autant que les frontières de l'Union, et ceux estimant ne plus avoir les capacités d'accueil nécessaires.

Spielfeld

En Autriche, la question migratoire divise. "L'Autriche va construire une barrière à sa frontière avec la Slovénie", titrent les Echos, suite à une déclaration de la ministre de l'Intérieur autrichienne. Pourtant, Le Point rapporte des propos tenus hier lors d'une conversation téléphonique entre Jean-Claude Juncker et Werner Faymann, chancelier autrichien, pour lesquels "les barrières n'ont pas leur place en Europe".

La position autrichienne est complexe, le pays doit gérer un afflux de réfugiés en provenance de la Slovénie. Or Ljubljana évoque une "clôture de faible hauteur, […] un obstacle pour réguler le flot de migrants" [L'Express].

Pour Euractiv, l'Autriche est une "zone tampon". Ainsi, "près de 252 000 demandeurs d’asile sont passés par la république adriatique pour se rendre en Slovénie, puis en Autriche ou en Allemagne". Ce pays de transit se retrouve "accusée de laisser passer les réfugiés en Bavière".

Dans le même temps, l'Allemagne a décidé de prolonger ses contrôles aux frontières jusqu'au 13 novembre [Le Monde]. "L’Allemagne avait introduit ses contrôles le 13 septembre, suspendant de facto les accords de Schengen, pour freiner l’afflux des migrants", rappelle le quotidien, qui précise également qu'à "compter du 13 novembre, les contrôles pourront être prolongés pour trois mois, jusqu’en février, en l’absence de 'modification importante de la situation'".

"La main tendue d'Angela Merkel aux migrants n'est pas sans effet sur le jeu politique outre-Rhin" explique Slate.fr. "La chancelière connaît une forte baisse dans les sondages tandis que les paroles de haine et de rejet de l'autre se font de plus en plus fortes".

Ces paroles de haine se retrouvent en République tchèque. "Des opposants à l'accueil des migrants ont manifesté [hier] à Prague et dans d'autres villes de la République tchèque" rapporte Le Figaro. Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient écrit "Fermer les frontières !", "Merkel fossoyeur de l'Europe", "Défendons l'Europe !".

Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération, rapporte que de "hauts responsables allemands mettent en garde contre la montée des nationalismes en réaction à l’afflux de réfugiés". "C’est ainsi que naissent les conflits", précisent-ils.

La Croix adopte une autre perspective et analyse le sort des "mineurs isolés étrangers". Ils auraient été 23 150 à demander l'asile en Europe en 2014 selon Eurostat. "Un chiffre qui a presque doublé entre 2013 et 2014". Le journal évoque "des réfugiés vulnérables et traumatisés" que l'Europe a de plus en plus de mal à prendre en charge.

Libération s'est entretenue avec des réfugiés attendant dans un champ de maïs de pouvoir traverser la Slovénie : "en Slovénie, nous sommes traités comme des animaux".

En Europe, les murs continuent de s'élever. L'Express évoque "des murs, contre les migrants, partout en Europe, y compris en France", à Calais, où la France a installé des barbelés "pour le compte du Royaume-Uni".

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