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Crise migratoire : Bruxelles présente son nouveau plan

Revue de presse 04.05.2016

Alors qu'un nouveau naufrage a fait près de 800 morts en Méditerranée le 17 avril dernier, la Commission européenne doit présenter aujourd'hui un nouveau plan pour lutter contre la crise migratoire. Au menu de ce nouveau dispositif figure l'épineuse question de l'exemption de visas pour les Turcs, la relocalisation des réfugiés dans les Etats membres, l'instauration d'une amende pour défaut de solidarité ou encore le renforcement de la base de donnée Eurodac.

Réfugiés

 

Turquie : Vers une levée des visas dans l'Espace Schengen

"Sauf retournement de dernière minute" [La Vanguardia], la Commission européenne devrait donner son "feu vert" [Le Vif] aujourd'hui en faveur d’une exemption de visas pour les Turcs. Cette exemption qui permettra aux citoyens Turcs de circuler sans visas dans l'espace Schengen est lié la promesse d'Ankara dans l'accord du 18 mars dernier de réadmettre tous les migrants arrivés en Grèce, y compris les réfugiés syriens. Le Monde précise que la Turquie devra également répondre à "72 critères précis. Cinq d’entre eux [restant] en discussion".

Cet accord "a presque stoppé la migration illégale et a permis d’éviter de nouvelles victimes par noyade dans la mer Egée", a expliqué dans une interview au quotidien belge De Standaard le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans. Un avis partagé par la BBC pour qui "La Turquie a déjà rempli son rôle, le nombre d’arrivées a chuté de manière significative". Selon un document confidentiel cité par Bild, "un processus précis est désormais établi pour la relocalisation prévue des réfugiés en provenance de la Turquie dans l'UE. Ainsi, filles et femmes devraient être réinstallées en priorité vers l'Europe". Mais "pour l'instant, seuls les Syriens qui ont cherché refuge en Turquie avant le 29 novembre 2015 doivent être accueillis par l'Union européenne", rapporte le journal allemand FAZ qui cite ce rapport.

Quoi qu’il en soit, "face à une certaine inquiétude de la part de certains Etats membres, les dirigeants européens, dont Jean-Claude Juncker lui-même, ont assuré que, malgré cette simplification des procédures, les contrôles seraient sans concession" rapporte Le Monde.  
Pendant ce temps, la presse turque affiche un "optimisme prudent", même si les 72 conditions exigées d’Ankara par Bruxelles ne seront certainement pas toutes satisfaites, rapporte La Croix

"Ce changement prendrait effet au mois de juillet, mais il doit tout d’abord être approuvé par le Parlement européen et les Etats membres", rappelle la BBC qui note que "l’UE craint que sans cet accord, la Turquie cessera de contrôler ses flux migratoires". 

Comme dans le reste de l'Europe, en Allemagne, cette mesure suscite des réactions. "Le FDP et la CSU sont sceptiques, les Verts convaincus : l'obligation de visas pour les Turcs doit cesser (…) Selon les Verts,  une proposition appropriée de la Commission européenne renforcerait les forces pro-européennes et démocratiques en Turquie", rapporte le journal Die Zeit. Selon la présidente du parti des Verts, Simone Peters, "une exemption de visa serait avant tout un grand soulagement pour les parents et amis des trois millions de résidents d'origine turque en Allemagne". 

En Italie, les réactions fusent également. Pour Il Giornale, "l'UE est silencieuse sur les murs autrichiens, mais "ouverte" à des millions de Turcs". 

Relocalisation : une meilleure répartition entre les Etats membres ?

Le Monde détaille le deuxième volet de ce plan qui concerne la relocalisation des demandeurs d'asile. Le système actuel de Dublin serait maintenu mais la pression sur certains Etats devrait être allégée. Il devrait être établi plus rapidement qu’un pays est soumis à des demandes trop nombreuses. Un système qui permettrait un partage du "fardeau", selon le terme employé par Le Vif.

Tous les Etats membres sont loin d'approuver cette répartition. La Hongrie qui "a porté plainte en décembre devant la justice européenne dans l'espoir de se dégager de cette obligation", organisera une consultation sur ce sujet entre août et décembre prochains. Pourtant "la Commission européenne a (…) rappelé que ce programme a été décidé via 'un processus de décision sur lequel se sont accordés tous les Etats membres', et que ce plan est juridiquement contraignant" [RTL]. 

Autre mesure commentée dans la presse ce matin, la mise en place d'un "impôt de solidarité". Un Etat qui refuserait de prendre part au système de relocalisation pourrait être soumis à une contribution financière à verser au premier pays d'entrée, expliqueLe Monde. Il serait question d'un montant de 250 000 euros par réfugié. Mais la somme n'a pas été "finalisée", indique The Guardian.
 
Sur France Inter, l'émission d'hier soir "Un Jour dans le Monde" s'est penchée sur la question de l’accueil des réfugiés en Europe. Nicolas Demorand dresse un panorama de la façon dont les différents Etats membres de l'UE y font face. Le représentant du HCR en France, Ralf Gruenert se dit "optimiste quant à la capacité européenne d’enfin adopter une approche plus équilibrée".