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Crise des réfugiés : le Parlement européen soutient la Commission pendant que l'Allemagne se place en médiateur de l'Europe centrale

Revue de presse 11.09.2015

A la suite de l'annonce du plan d'urgence de relocalisation et d'accueil des réfugiés lors du discours sur l'état de l'Union européenne, mercredi, le texte de la Commission a été adopté jeudi par le Parlement européen, à une large majorité. Cependant, les réticences des chefs d’État n'ont pas disparu pour autant. Aujourd'hui encore l'opposition à ce plan se manifeste, tant au niveau européen qu'au sein de certains États membres, dont la France.

Syrian Refugees

Jeudi, le Parlement européen a apporté son soutien aux mesures d'urgence proposées par la Commission à l'occasion du discours sur l'état de l'Union de Jean-Claude Juncker. Le Monde rapporte que dans "leur résolution adoptée à Strasbourg par 432 voix pour, 142 contre et 57 abstentions, les eurodéputés ont apporté leur 'soutien' à ces initiatives et ont réclamé une 'clé de répartition équitable et obligatoire' entre Etats membres." Et à cette prise de position des eurodéputés, précise La Tribune, s'ajoute que le parlement a aussi appelé "à la tenue d'une 'conférence internationale', associant l'Union européenne et ses membres ainsi que l'ONU, les Etats-Unis, les Etats arabes et des ONG internationales, afin de traiter de toutes ces questions."

Toutefois, malgré ce vote sans équivoque du Parlement européen, les dissensions entre Etats sont encore marquées. "Face aux migrants, l'Europe affiche ses divisions", titre l'Express.

Ainsi, le Danemark a été rappelé à l'ordre par la Commission pour avoir fermé "hier en raison de la présence de 300 réfugiés sur la chaussée, l'autoroute reliant la péninsule danoise du Jutland et l'Allemagne" ainsi qu'une voie de chemin de fer [Le Figaro]. Les réfugiés ne restent pas au Danemark, explique Euronews, "car les conditions d’installation y sont nettement moins favorables que ce que propose le voisin suédois."

Pendant ce temps, "la Roumanie s'oppose au système de quotas proposé par la Commission européenne", à l'image de "la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne", rapporte Le Figaro.

A l'inverse, l'Irlande a "annoncé sa participation aux quotas pour répartir les réfugiés", indique Courrier International.

Pour mettre fin à ces différences d'opinion entre les gouvernements européens, une réunion se tient aujourd'hui à Prague entre l'Allemagne et les Etats d'Europe centrale. D'après Challenges,  " la rencontre doit se tenir entre les chefs de la diplomatie des pays du groupe de Višegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie) et leurs homologues allemand et luxembourgeois, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE."

Dans le même temps, en France, des dissensions se font également sentir. En effet, le Premier ministre Manuel Valls a critiqué les propositions évoquées par Nicolas Sarkozy en affirmant que "le droit d'asile ne se découpe pas" rapporte Le Figaro, qui conclut dans la même édition que "le ton se durcit entre la droite et l'exécutif." Or si pour les Républicains, le gouvernement se montre trop généreux, le Front de gauche, à l'inverse, estime que l'exécutif devrait proposer davantage. C'est en tout cas l'opinion de l'eurodéputée Marie-Christine Vergiat, dont l'Humanité rapporte les propos : "La France n’est pas à la hauteur des enjeux."

Et ce n'est pas en la personne de Pierre Joxe, qui fut ministre de l'Intérieur de François Mitterrand, que le gouvernement pourra trouver un soutien. Invité par l'émission de radio Face aux chrétiens, ce dernier a en effet révélé qu'il était "contre" les accords de Schengen qui mettaient "les frontières de la France au Pirée", comme le rapporte La Croix.

Prochaine étape cruciale dans la gestion de la crise : la réunion des ministres de l'Intérieur des vingt-huit qui se déroulera lundi 14 septembre à Bruxelles.

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