Derniers articles publiés

Crise des migrants : Angela Merkel en mission spéciale à Istanbul

Revue de presse 19.10.2015

Hier, Angela Merkel s'est déplacée à Istanbul pour appuyer son soutien à la Turquie en échange de l'aide d'Ankara face à la crise migratoire. Bien que l'Allemagne ait de longue date été opposée à l'entrée de la Turquie dans l'Union, la Chancelière a besoin de trouver des solutions. Samedi une candidate aux élections municipales de Cologne favorable à l'accueil des réfugiés a été blessée à l'arme blanche par un homme agissant pour "des motivations racistes".

Angela Merkel

"Angela Merkel négocie en Turquie pour renforcer les frontières européennes", titre Le Monde, après que la Chancelière allemande ait rencontré le Président Erdogan à Istanbul.           

Une visite que Les Echos estiment nécessaire au regard d'une "Allemagne débordée par les réfugiés" et où les tensions montent. En effet, dimanche "une femme politique favorable aux migrants a été poignardée à Cologne".

Le Monde rapporte que la Chancelière "a estimé avoir obtenu un progrès, en liant cette collaboration à une relance du processus d'adhésion à la Turquie à l'Union européenne, officiellement ouvert en 2005 et aujourd'hui au point mort".

Le Figaro ajoute qu'en "raison de l'opposition de plusieurs membres de l'UE dont Chypre et la France, seuls 14 chapitres de négociations sur un total de 35 ont été ouverts à ce jour et un seul a été clôturé".

Face à la nécessité d'obtenir un soutien de la Turquie dans la gestion des frontières, Angela Merkel a annoncé en conférence de presse que "l'Allemagne est prête cette année à ouvrir le chapitre 17 et à préparer l'ouverture des chapitres 23 et 24" [Le Figaro]. L'Allemagne était jusqu'à présent le dernier Etat membre à s'opposer à cette ouverture.              

L'Obs précise que le "chapitre 17 concerne la politique monétaire et économique", tandis que les chapitres 23 et 24 qui couvrent les domaines des droits fondamentaux et de la justice". La candidature de la Turquie sera réévaluée au printemps 2016, d'après Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, qui rappelle que le pays doit remplir "64 conditions, parmi lesquelles la signature d’un accord de réadmission des étrangers refoulés de l’UE".

Pour accorder son soutien à l'Union européenne, la Turquie, qui accueille actuellement "2,2 millions de Syriens et 300.000 Irakiens"  selon Le Figaro, avait posé plusieurs exigences évaluées lors du Conseil européen de la semaine dernière, dont a découlé un 'plan d'action'.         

Pour La Croix, "la Turquie fait monter les enchères sur les migrants". En effet, le quotidien rapporte qu'"Ankara a accueilli froidement le plan européen. Le ministre turc des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu a estimé que le 'plan d’action' européen n’est qu’un 'projet' au budget 'inacceptable'".

Pour obtenir l'aide turque, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont  également prononcés en faveur "d'un assouplissement de l'octroi de visas" [L'Obs]. Cet accord a lui aussi bénéficié du soutien d'Angela Merkel à Istanbul. Pourtant, jeudi, "les dirigeants européens avaient insisté sur le fait que ces futures attributions de visas resteraient sévèrement encadrées" [Le Monde].

Enfin, Angela Merkel et Ahmet Davutoglu, le Premier ministre turc, "ont reconnu qu'il n'était pas possible de régler la crise migratoire en Europe sans trouver une solution au conflit en Syrie" [L'Obs].

Une occasion pour le Premier ministre de remettre sur la table le sujet de la "zone de sécurité en Syrie". La Croix explique que cette "zone de sécurité faciliterait les interventions militaires turques au nord de la Syrie, une région à majorité kurde, où la rébellion kurde est soutenue par les Occidentaux pour combattre l’État islamique (EI)".  

Une hypothèse "qui n’enthousiasme pas vraiment les Européens" selon Jean Quatremer. Le Monde rappelle qu'en juin le Président Erdogan a "rouvert un conflit armé avec le Parti des travailleurs du Kurdistan" et que, "le 10 octobre, un double attentat a tué 102 manifestants pro-kurdes à Ankara".

Les autres sujets du jour

Agriculture, pêche

Humanitaire, développement